Attaque contre un hôpital: au moins 19 morts et 50 blessées à Kaboul

ATS

2.11.2021 - 13:10

ATS

2.11.2021 - 13:10

Au moins 19 personnes ont été tuées et 50 blessées mardi dans une attaque contre l'hôpital militaire national de Kaboul. L'Afghanistan connaît une violence croissante entre les talibans au pouvoir et le groupe djihadiste rival de l'Etat islamique.

epa09558885 Injured victims of bomb blasts at military hospitals are shifted to Emergency hospital in Kabul, Afghanistan, 02 November 2021. Two powerful explosions and the sound of gunfire were heard close to the Sardar Mohammad Daud Khan military hospital in the Afghan capital Kabul on 02 November, with casualities unknown.  EPA/STRINGER
«Une explosion est survenue à la porte de l'hôpital militaire et une deuxième aux abords de l'hôpital», a précisé un responsable taliban à l'AFP.
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«Dix-neuf corps et environ 50 blessés ont été emmenés dans les hôpitaux de la ville», a déclaré à l'AFP sous couvert d'anonymat un responsable au ministère de la Santé. L'attaque n'a pas été immédiatement revendiquée.

«Une explosion est survenue à la porte de l'hôpital militaire et une deuxième aux abords de l'hôpital», a précisé un responsable taliban à l'AFP. Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Qari Sayed Khosti, a évoqué dans un tweet «une bombe ayant explosé à l'entrée» de l'hôpital militaire Sardar Mohammad Dawood Khan, et ajouté que les forces spéciales talibanes étaient sur place.

La première explosion a été entendue près de l'hôpital vers 8h30 GMT. Elle a été suivie de tirs, puis d'une deuxième explosion et de nouveaux tirs entendus par des journalistes de l'AFP depuis le quartier voisin.

Depuis l'hôpital, où le personnel s'est réfugié dans une pièce de sécurité, une source médicale a confirmé à l'AFP avoir entendu une explosion et des «tirs en cours». L'établissement, qui peut accueillir jusqu'à 400 patients, est le plus grand hôpital militaire du pays.

«Je peux encore entendre des coups de feu dans l'immeuble», a précisé plus tard cette source. Elle craignait que les assaillants n'aillent «de chambre en chambre» pour tuer plus de gens, «comme ce fut le cas la première fois où l'hôpital a été attaqué».

Cet hôpital a déjà été attaqué en mars 2017 par des assaillants habillés en personnel médical. Cette fusillade sanglante de 6 heures à l'intérieur du bâtiment, revendiquée par l'EI, avait fait 50 morts selon le bilan officiel, plus du double selon des sources sécuritaires.

Série sanglante

Dans le centre-ville de Kaboul, des journalistes de l'AFP ont vu des combattants talibans se précipiter sur les lieux à bord d'au moins deux véhicules blindés de transport de troupes et de camionnettes. Des sirènes ont aussi été entendues dans les rues et des ambulances vues se dirigeant à toute vitesse vers le lieu des explosions.

L'hôpital est celui où le ministre taliban de la Défense Mohammed Yaqoub, fils du fondateur des talibans le mollah Omar, avait fait sa première apparition publique mercredi dernier. Il avait demandé notamment aux hommes d'affaires afghans d'investir dans les hôpitaux.

Depuis leur arrivée au pouvoir le 15 août, les talibans sont confrontés à une vague d'attentats sanglants menés par le groupe État islamique (EI). Ils font pourtant du retour de la sécurité dans le pays leur priorité après 20 ans de guerre.

La branche locale, l'EI-K, rival et principal adversaire du mouvement islamiste au pouvoir, a ciblé ces dernières semaines aussi bien les talibans que la minorité chiite afghane.

Ces derniers jours, une série de meurtres, présentés par la presse locale comme des représailles entre combattants talibans et de l'EI-K, ont été observés, en particulier dans la province du Nangarhar, située à l'est de Kaboul et connue pour être un fief de l'EI-K.

La dernière attaque dans la capitale afghane remonte au 3 octobre. Au moins cinq personnes avaient été tuées dans une explosion survenue près de la mosquée Id Gah à Kaboul, dans une attaque revendiquée par l'EI.

ATS