Invasion russe

Kiev se bat pour éviter de tomber aux mains des Russes

ATS

26.2.2022 - 00:23

L'armée ukrainienne et les forces russes s'affrontaient samedi matin à Kiev pour le contrôle de la capitale de l'Ukraine, deux jours après le lancement de l'invasion russe. Des combats ont eu lieu sur l'avenue de la Victoire, une des artères principales de la ville.

ATS

26.2.2022 - 00:23

«L'armée ukrainienne repousse des saboteurs russes», a indiqué samedi vers 04h30 (heure suisse) le service ukrainien des communications spéciales. Sur Facebook, l'armée de terre ukrainienne dit avoir détruit une colonne de cinq véhicules militaires russes, dont un char, près de la station de métro Beresteiska, située sur l'avenue de la Victoire, dans le nord-ouest de la capitale.

Un peu plus tôt, le service des communications spéciales affirmait que les forces russes essayaient d'attaquer une centrale électrique dans le quartier de Troieshchyna, au nord-est de Kiev.

Message de Zelensky

Les habitants de la ville ont été invités à rester dans leurs abris ou, s'ils sont chez eux, à ne pas s'approcher des fenêtres. La sirène d'alerte antiaérienne a aussi été déclenchée à l'aube à Kharkiv, une grande ville de l'est de l'Ukraine proche de la frontière russe, selon le service des communications spéciales.

L'armée de terre ukrainienne a aussi fait état de «violents» combats à 30 km au sud-ouest de la capitale, où les Russes «essayent de faire débarquer des parachutistes».

La population de Kiev s'était préparée au pire après le message de son président Volodymyr Zelensky. «Nous ne pouvons pas perdre la capitale. Je m'adresse à nos défenseurs, hommes et femmes de tous les fronts. Cette nuit, ils vont tenter de s'emparer» de Kiev, avait lancé quelques heures auparavant M. Zelensky dans une allocution vidéo diffusée vendredi soir sur le site Internet de la présidence.

En deux jours d'invasion, quelque 100'000 personnes ont déjà été déplacées et 50'000 ont quitté l'Ukraine, selon l'ONU, impuissante dans le même temps à condamner Moscou. Comme prévu, la Russie a mis vendredi son veto au Conseil de sécurité à une résolution déplorant son «agression».

Le texte a cependant été soutenu par une majorité de pays. Cela prouve que «le monde est avec nous, que la vérité est avec nous, que la victoire sera nôtre!», a tweeté le président ukrainien.

Des «drogués» et des «néonazis»

Des manifestations de soutien à l'Ukraine ont eu lieu un peu partout dans le monde. A Montréal, des dizaines de personnes se sont rassemblées vendredi après-midi sous une tempête de neige, sous les fenêtres du consulat général de Russie.

Le maître du Kremlin paraît néanmoins résolu à poursuivre son offensive, jusqu'à obtenir un changement de régime en Ukraine et à déloger du pouvoir à Kiev ceux qu'il qualifie de «drogués» et «néonazis». Il a appelé les militaires ukrainiens à retourner leurs armes contre le gouvernement. «Il me semble qu'il sera plus facile de négocier entre vous et moi».

A Kiev, les autorités «ont distribué les fusils, les ont chargés pour nous et nous voilà», dit Iouri Kortchemniï qui n'avait jamais tenu une arme de sa vie avant de rejoindre un bataillon de civils prêts à défendre la ville pied à pied face à l'ennemi russe.

Après la fuite de nombreuses personnes jeudi, le centre de Kiev, une métropole qui compte en temps normal quelque trois millions d'habitants et dorénavant sous couvre-feu, ressemble à une ville fantôme.

ATS