L'Amérique attend Biden n'est pas pressé d'annoncer sa candidature

ATS

28.2.2023 - 08:08

Officiellement, le président américain réfléchit encore. Mais les indices d'une candidature de Joe Biden à l'élection de 2024 s'accumulent et la principale inconnue semble désormais être la date de son entrée officielle en campagne.

Le principal intéressé, connu pour mûrir très longuement toutes ses initiatives, se contente jusqu'ici de répéter qu'il a bien «l'intention» de se présenter à la présidentielle de 2024, sans avoir pris de décision «définitive».
Le principal intéressé, connu pour mûrir très longuement toutes ses initiatives, se contente jusqu'ici de répéter qu'il a bien «l'intention» de se présenter à la présidentielle de 2024, sans avoir pris de décision «définitive».
KEYSTONE

ATS

28.2.2023 - 08:08

«Je suis à fond pour, évidemment»: voilà ce qu'a dit Jill Biden, interrogée samedi par CNN sur une candidature de son mari. Elle a aussi affirmé qu'un scénario dans lequel le démocrate de 80 ans ne se représentait pas n'était «pas sur ses tablettes».

La professeure d'université avait aussi révélé à l'agence Associated Press qu'il ne restait plus qu'à décider du lieu et de la date d'une annonce officielle. Sachant le rôle primordial que joue la First Lady dans les décisions de Joe Biden, ces quelques commentaires valent presque confirmation.

Le principal intéressé, connu pour mûrir très longuement toutes ses initiatives, se contente jusqu'ici de répéter qu'il a bien «l'intention» de se présenter à la présidentielle de 2024, sans avoir pris de décision «définitive». Mais d'autres déclarations semblent confirmer que la question principale désormais est celle du calendrier: «Il y a trop d'autres choses que nous devons terminer à court terme avant que je ne commence à faire campagne», avait-il dit vendredi, dans un entretien accordé à la chaîne ABC.

Et de quatre

La presse américaine rapporte que le 46e président des Etats-Unis pourrait lancer sa campagne pour une éventuelle réélection au printemps – en 2019, il s'était déclaré le 25 avril et, avant lui, Barack Obama comme Bill Clinton avaient choisi le même mois pour se relancer à l'assaut de la Maison Blanche.

Il s'agirait de la quatrième course à la présidentielle pour Joe Biden: avant d'être élu en 2020, il s'était lancé pour les élections de 1988 et 2008, avec à chaque fois un échec cuisant à la clef. En 2015, très éprouvé par le décès de son fils aîné, le démocrate, alors vice-président, avait renoncé à briguer la succession de Barack Obama.

Cette fois, il a déjà posé quelques jalons d'importance, avec un discours sur l'état de l'Union très énergique le 8 février devant le Congrès et un déplacement spectaculaire en Ukraine la semaine passée. Dans les deux cas, il a mis en scène son endurance, comme pour montrer qu'il serait bel et bien capable de gouverner jusqu'à l'âge, totalement inédit, de 86 ans, en cas de nouvelle élection.

Cochée également, la case du bilan médical annuel: le médecin personnel du président l'a jugé récemment «apte» à remplir ses fonctions et «en bonne santé». Reste une étape à franchir, la présentation, le 9 mars, du budget fédéral. Ensuite, il lui faudra choisir le moment, l'endroit, et la manière de se déclarer.

Il voudra «s'assurer que son annonce intervienne à un moment où l'actualité n'est pas saturée et si possible après un succès politique» d'une nature restant à définir, commente Matthew Foster, expert en sciences politiques à l'American University.

Lever des fonds

«Un lancement de campagne ne prédit ni le succès ni l'échec (de la candidature), mais cela peut être une occasion importante pour lever des fonds», explique-t-il à l'AFP. Pour lui, l'ancien président Donald Trump a par exemple «mal choisi son moment» pour annoncer sa candidature en novembre dernier, quand «la presse était encore concentrée sur les retombées des élections de mi-mandat et sur le fait que les candidats qu'il soutenait avaient fait moins bien que prévu.»

En 2019, Joe Biden s'était déclaré candidat dans une annonce vidéo extrêmement solennelle, présentant Donald Trump comme un danger pour la démocratie qu'il était de son devoir d'arrêter. Cette fois, le démocrate n'est plus cet ancien sénateur et vice-président sorti de sa retraite politique.

Il dispose du fond de scène le plus évocateur qui soit, la Maison Blanche et de tous les attributs du pouvoir présidentiel. Et la logique institutionnelle, sur le papier, est avec lui: dans l'histoire américaine récente, la grande majorité des présidents briguent un second mandat – la Constitution n'en autorise pas davantage – et ils sont le plus souvent réélus.

ATS