Le point

Kiev continue d'avancer, Poutine rassure son pays

ATS

5.10.2022 - 19:25

Le président russe Vladimir Poutine a assuré mercredi que la situation militaire se «stabilisera» dans les territoires ukrainiens dont il revendique l'annexion. Ses forces subissent toutefois une série de revers face à l'armée ukrainienne.

Des soldats ukrainiens circulent sur un véhicule blindé alors qu'ils traversent le village de Shandrygolovo, près de Lyman, en Ukraine, mardi 4 octobre 2022.
Des soldats ukrainiens circulent sur un véhicule blindé alors qu'ils traversent le village de Shandrygolovo, près de Lyman, en Ukraine, mardi 4 octobre 2022.
KEYSTONE

ATS

5.10.2022 - 19:25

Quelques heures plus tôt, l'Ukraine avait annoncé regagner du terrain dans la région de Lougansk (est), après ses succès dans celles de Kherson (sud) et Kharkiv (nord-est).

«Nous partons du principe que la situation va se stabiliser et que nous pourrons développer ces zones de manière pacifique», a estimé M. Poutine, qui a décrété le 21 septembre la mobilisation de centaines de milliers de réservistes pour tenter d'inverser la tendance.

Il a signé un décret pour que la Russie s'approprie formellement la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia. De son côté, le chef de l'AIEA Rafael Grossi a annoncé son départ pour Kiev pour discuter du «besoin d'une zone de protection autour de la centrale plus urgent que jamais».

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05.10.2022

Désarroi

Alors même qu'elle recule sur le terrain, la Russie a proclamé l'annexion de quatre régions d'Ukraine (Donetsk, Lougansk, Kherson et Zaporijjia) qu'elle contrôle partiellement à l'issue de «référendums» dénoncés par Kiev et ses alliés occidentaux.

Signe d'un désarroi en Russie, les revers de l'armée ont conduit un haut responsable parlementaire a appelé celle-ci à «arrêter de mentir» sur ses défaites. «Notre peuple n'est pas stupide. Et il voit qu'on ne veut pas lui dire ne serait-ce qu'une partie de la vérité. Cela peut entraîner une perte de crédibilité», a déclaré Andreï Kartapolov, à la tête du Comité de Défense de la Douma, la chambre basse du Parlement, et ancien commandant militaire.

Les troupes de Kiev poursuivent, elles, leur contre-offensive, revendiquant de nouveaux gains dans l'Est et le Sud. Mercredi, le gouverneur ukrainien de la région de Lougansk, jusqu'ici sous le contrôle quasi-total de Moscou, a proclamé une percée.

La veille, l'Ukraine avait déjà revendiqué des avancées dans le nord de la région méridionale de Kherson, tandis que la quasi-totalité de la région de Kharkiv (nord-est) apparaît désormais sous contrôle ukrainien, ouvrant la voie vers celle de Lougansk, bastion des séparatistes installées par Moscou depuis 2014.

Frappes massives russes

L'armée russe a de son côté assuré mercredi avoir mené, ces dernières 24 heures, des «frappes massives» près de Lyman (région de Donetsk), ville reprise récemment par les forces ukrainiennes, et leur infliger de lourdes pertes.

Dans la région de Kherson, les troupes de Moscou «tiennent leurs positions en repoussant les attaques de forces ennemies supérieures en nombre», a-t-elle ajouté. Le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov a assuré que les territoires perdus «seront repris».

M. Poutine avait lui juré de défendre les zones annexées, quitte à utiliser des armes nucléaires, menace qui n'a arrêté ni la contre-offensive ukrainienne, ni les livraisons d'armes occidentales.

Pas de bonnes nouvelles

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait salué des avancées «puissantes» mardi, affirmant que des «dizaines de localités ont été libérées rien que cette semaine» dans les quatre régions dont Moscou revendique l'annexion. Dans l'est, la retraite de Kharkiv permet aux forces ukrainiennes de porter le combat plus à l'est en direction de la ville de Svatové.

Près de Lyman, noeud ferroviaire stratégique repris dans la région de Donetsk (est) le weekend passé, un parachutiste ukrainien croisé mardi par l'AFP a reconnu que lui et ses camarades étaient à la fois «épuisés» et déterminés.

Enquête avec la Russie

La Russie a elle réclamé de participer à l'enquête sur les fuites des gazoducs Nord Stream, la Suède, en charge des investigations, ayant bloqué l'accès à la zone de ce sabotage présumé située en mer Baltique.

Moscou a sous-entendu que les Etats-Unis ont pu saboter ces tuyaux clés pour l'approvisionnement énergétique de l'Europe, quand les Occidentaux suspectent eux la Russie.

ATS