Préoccupant

L'ONU alerte sur la menace de violations de droits humains

sn, ats

22.2.2022 - 15:23

L'ONU alerte sur la menace importante de violations des droits humains en Ukraine après la reconnaissance russe des républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk. De son côté, Human Rights Watch (HRW) redoute de possibles «crimes de guerre» russes comme ceux à Idleb en Syrie.

Une famille passe du territoire contrôlé par les séparatistes pro-russes aux zones contrôlées par le gouvernement ukrainien à Stanytsia Luhanska, le seul point de passage ouvert tous les jours, dans la région de Lougansk, dans l'est de l'Ukraine, le mardi 22 février 2022.
Une famille passe du territoire contrôlé par les séparatistes pro-russes aux zones contrôlées par le gouvernement ukrainien à Stanytsia Luhanska, le seul point de passage ouvert tous les jours, dans la région de Lougansk, dans l'est de l'Ukraine, le mardi 22 février 2022.
KEYSTONE

sn, ats

22.2.2022 - 15:23

«Je suis très inquiète» pour les droits humains et le droit international humanitaire (DIH), affirme mardi dans une déclaration la Haute commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Michelle Bachelet. Comme le secrétaire général Antonio Guterres lundi, elle appelle à un arrêt des affrontements et au dialogue, alors qu'une rencontre pourrait avoir lieu jeudi à Genève entre le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken et son homologue russe Sergueï Lavrov.

Mme Bachelet a ajouté que son bureau continuait à suivre la situation étroitement des deux côtés de la ligne de contact. Tout comme l'ONG Human Rights Watch (HRW), a affirmé son directeur exécutif Kenneth Roth aux correspondants accrédités à l'ONU à Grnève (ACANU).

Il redoute un «conflit significatif» et que la Russie applique son approche d'Idleb. Dans cette ville syrienne, les forces russes ont bombardé délibérément des infrastructures civiles, a-t-il affirmé. Des dizaines de «crimes de guerre flagrants» ont été perpétrés, a-t-il ajouté.

Or, le président Vladimir Poutine a eu un rôle de «commandement», selon M. Roth. Il a même honoré le responsable militaire de ces bombardements.

Inquiet aussi sur la Russie

Alors que le Conseil des droits de l'homme se réunit dès lundi pour cinq semaines à Genève, M. Roth s'attend à ce que l'instance se penche «immédiatement» sur cette situation ukrainienne en cas de conflit et de crimes de guerre présumés. Mais son rôle n'est pas d'empêcher une guerre. «C'est celui du Conseil de sécurité», ajoute le directeur de HRW.

L'ONG a critiqué récemment la loi ukrainienne qui interdit notamment la langue russe pour les publications officielles. «Mais la guerre n'est pas un moyen de résoudre» ce problème, insiste M. Roth. HRW a documenté ces dernières années des violations des droits humains des deux côtés de la ligne de contact dans l'Est de l'Ukraine.

Maintenant que les deux républiques autoproclamées sont reconnues par Moscou, l'ONG ne veut pas prédire les abus qui pourraient être perpétrés par les autorités de ces régions. «Mais nous ne voulons pas» voir se prolonger des violations, aussi selon le directeur. Il reste aussi très inquiet des abus observés à l'intérieur de la Russie. Le Conseil des droits de l'homme devrait en faire davantage, aussi selon l'ONG.

sn, ats