La COP26 ne révèlera pas son dénouement avant samedi

sn, ats

12.11.2021 - 22:45

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12.11.2021 - 22:45

Les négociations à la COP26 de Glasgow n'aboutiront pas avant samedi après-midi. Après d'intenses consultations, réduction des gaz à effet de serre, subventions aux énergies fossiles ou encore adaptation au changement climatique sont encore sur la table.

Britain's Prime Minister Boris Johnson visits a COVID-19 vaccination centre in a pharmacy in Sidcup, south east England, Friday Nov. 12, 2021, during a visit to Old Bexley and Sidcup. (Henry Nicholls/Pool via AP)
Le Premier ministre britannique Boris Johnson a également demandé aux pays riches de sortir «l'argent sur la table»
KEYSTONE

Vendredi soir, une membre de la présidence britannique de la COP a annoncé sur les réseaux sociaux qu'un troisième projet de document final serait dévoilé samedi vers 08h00 (09h00 en Suisse). Une plénière doit suivre dans la foulée, avant une adoption formelle dans l'après-midi.

Ce scénario devenait de plus en plus probable dans l'après-midi. Pendant plusieurs heures, certains des représentants des près de 200 pays à la conférence avaient fait la liste des améliorations à apporter. «Tous les pays veulent encore mettre en avant leurs revendications», a estimé de son côté à la presse suisse la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga.

Parmi les divergences, le deuxième projet de texte a nuancé l'appel à une sortie du charbon et des subventions «inefficaces» aux énergies non renouvelables. De quoi convaincre l'Arabe saoudite de ne pas faire échouer la COP26. Mais inacceptable pour plusieurs pays, y compris les Etats-Unis et la Suisse. Mme Sommaruga a estimé qu'une telle formulation ne permettrait pas de maintenir le monde vers un réchauffement limité à 1,5°C d'ici 2100.

Une opinion partagée par le WWF. La Suisse demande aussi aux grands émetteurs de faire un effort vers l'objectif de 1,5°C. Et à tous les acteurs d'établir des politiques à long terme pour des émissions de gaz à effet de serre peu élevées.

Appel aux financements par Johnson

Depuis jeudi, les consultations ont augmenté encore en intensité. «Nous avons négocié une bonne partie de la nuit», avait affirmé vendredi matin à Keystone-ATS le chef de la délégation suisse, l'ambassadeur Franz Perrez.

Pas suffisamment, aux yeux des ONG et des activistes qui se sont à nouveau rassemblés pour demander davantage de justice climatique. «Ce n'est pas l'accord que les citoyens espéraient à Glasgow», a dit la directrice exécutive de Greenpeace International.

Jeudi, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres avait averti les gouvernements que des promesses valaient peu sans une sortie des énergies non renouvelables. Les projets de textes appellent toujours à une réduction de 45% des émissions en 2030 par rapport à 2010 et à une neutralité carbone d'ici 2050. Alors même que la Chine et l'Arabie saoudite ne prévoit celle-ci que pour 2060 et l'Inde pour 2070.

Parmi les composantes à résoudre, le financement pose problème. Le projet de document final regrette que les Etats riches n'aient pas honoré leur promesse de mobiliser 100 milliards de dollars publics et privés par an dès 2020 pour aider les pays en développement.

Mais il ne fait qu'appeler ces pays à augmenter ce montant, pas suffisant pour les Etats en développement. Vendredi, le Premier ministre britannique Boris Johnson a également demandé aux pays riches de sortir «l'argent sur la table».

Compromis possible sur le marché carbone

Un doublement de l'aide à l'adaptation des pays en développement au changement climatique est aussi prévu d'ici 2025. Mais ceux-ci veulent une meilleure répartition encore avec les efforts de réduction des gaz à effet de serre parce que les effets sont déjà observés chez eux.

Autre injonction, les pays devront revenir dès l'année prochaine avec des plans plus ambitieux pour s'aligner sur les objectifs de l'Accord de Paris. Les efforts pour limiter à 1,5°C, 2°C maximum, le réchauffement climatique d'ici 2100 sont en effet insuffisants.

L'enthousiasme après les annonces de dirigeants la semaine dernière a laissé place à la dure sanction des évaluations. Les promesses actuelles des Etats permettraient au mieux d'atteindre 1,8°C, même si l'étude considérée comme la plus sérieuse arrive plutôt à 2,4°C. L'ONU avait elle conclu lundi que ces contributions ne changeraient pas vraiment son estimation, de 2,7°C.

Depuis une dizaine de jours, la COP26 aura montré le fossé énorme entre ce format où un consensus doit être trouvé entre près de 200 Etats et les attentes immédiates des activistes et des ONG. La réunion en elle-même «n'arrêtera pas le changement climatique», a dit cette semaine le gouvernement britannique.

La Suisse s'est beaucoup engagée sur l'article 6 concernant le marché des réductions d'émissions de gaz à effet de serre qu'un pays peut faire en finançant des projets à l'étranger. Elle semble avoir réussi à faire échouer la possibilité d'un double comptage des diminutions obtenues, malgré les intenses demandes du Brésil. «Nous avons pu éviter le pire», a ajouté la conseillère fédérale.

sn, ats