La Cour suprême autorise une exécution avec un cocktail controversé

ATS

28.10.2021 - 23:17

La Cour suprême des Etats-Unis a autorisé jeudi l'Oklahoma à renouer avec les exécutions après six ans de pause et à procéder à l'injection d'un cocktail létal. Il est soupçonné de causer d'atroces souffrances aux condamnés.

One of the six nooses are prepared for men sentenced to death at a jail in Kabul, Afghanistan, Wednesday, Oct. 8, 2014. Kabul police chief said Afghan authorities have executed five men convicted of armed robbery and gang rape in a case that galvanized the nation this summer. The five were convicted and sentenced to death Afghan last month. A sixth man who was executed on Wednesday was sentenced in a separate, unrelated murder case. (AP Photo/Massoud Hossaini)
Image symbolique d'illustration
KEYSTONE/AP Photo/Massoud Hossaini

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28.10.2021 - 23:17

Cet Etat rural et conservateur du Sud devrait donc exécuter dans l'après-midi John Grant, un Afro-Américain de 60 ans condamné à la peine capitale pour le meurtre d'une employée de prison. Il doit recevoir une combinaison de trois substances qui, après plusieurs exécutions ratées en 2014 et 2015, avait conduit l'Etat à déclarer un moratoire sur les exécutions.

«Ce protocole s'est montré humain et efficace», ont assuré dans un communiqué les services pénitentiaires de l'Oklahoma. Pour son avocat, Dale Baich, il reste toutefois «des questions sérieuses» sur les douleurs occasionnées par ce cocktail létal et sur sa conformité avec la Constitution américaine qui interdit «les peines cruelles et inhabituelles».

«Un procès sur ce point précis doit débuter en février et les exécutions ne devraient pas reprendre avant», a-t-il estimé dans un communiqué.

Pas d'explication

Mercredi une cour d'appel lui a donné raison et a suspendu l'exécution. Mais les autorités de l'Oklahoma ont immédiatement saisi la Cour suprême des Etats-Unis pour lui demander de renverser cette décision.

Sans expliquer ses raisons, la haute juridiction a finalement donné in extremis son feu vert à l'exécution. Ses trois juges progressistes ont toutefois précisé qu'ils n'étaient pas d'accord avec la majorité conservatrice.

Le protocole contesté combine un sédatif, le midazolam, et un anesthésiant, censés empêcher la douleur avant l'injection de chlorure de potassium à dose létale. Il avait été utilisé en 2014 pour exécuter Clayton Lockett, mais le condamné avait agonisé pendant 43 minutes dans d'apparentes souffrances.

En 2015, un autre condamné, Charles Warner, s'était plaint que son «corps brûlait» avant de s'éteindre, les bourreaux ayant utilisé un produit non conforme. La même erreur avait failli être reproduite en septembre 2015 et une exécution avait été reportée in extremis.

Suite à ces ratés, un grand jury avait ouvert une enquête et les autorités avaient accepté de suspendre l'application de la peine capitale. En 2020, elles ont finalisé un nouveau protocole et ont fixé en 2021 plusieurs dates d'exécution, à commencer par celle de John Grant.

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