La crise économique favorise l'extrémisme en Afghanistan 

ATS

18.11.2021 - 00:36

La situation actuelle en Afghanistan, marquée par une grave crise économique, «menace d'accroître le risque d'extrémisme», a affirmé mercredi l'émissaire de l'ONU dans ce pays. L'EI s'est notamment renforcé depuis l'arrivée au pouvoir des talibans.

ATS

18.11.2021 - 00:36

Le pouvoir taliban, en place depuis août, n'a pas été en mesure jusqu'à présent d'endiguer le développement de l'Etat islamique en Afghanistan.
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«La détérioration continue de l'économie formelle donnera une impulsion à l'économie informelle, y compris aux drogues illicites, au flux d'armes et à la traite des êtres humains», a précisé Deborah Lyons devant le Conseil de sécurité de l'ONU.

«La paralysie actuelle du secteur bancaire poussera davantage le système financier vers des échanges informels d'argent non réglementés, ce qui ne peut qu'aider à faciliter le terrorisme, le trafic et la contrebande de drogue», a insisté Mme Lyons. «Ces pathologies affecteront d'abord l'Afghanistan, mais ensuite elles infecteront la région», a-t-elle averti.

Le pouvoir taliban, en place depuis août, n'a pas été en mesure jusqu'à présent d'endiguer le développement de l'Etat islamique, a aussi relevé la responsable de l'ONU.

EI de plus en plus actif

«Autrefois limité à quelques provinces et à Kaboul, l'EI semble désormais présent dans presque toutes les provinces et de plus en plus actif. Le nombre d'attaques a considérablement augmenté entre l'année dernière et cette année», a-t-elle dit.

Sur le plan humanitaire, la catastrophe est imminente, alors qu'elle peut être empêchée, a rappelé Deborah Lyons. Elle estime que 23 millions de personnes pourraient se retrouver en situation d'insécurité alimentaire à la faveur de l'hiver.

Dans une lettre mercredi au congrès américain, les talibans ont réclamé aux Etats-Unis de libérer les avoirs de la banque centrale afghane gelés depuis août, représentant près de 9,5 milliards de dollars. L'Occident réclame de Kaboul des gestes concrets en faveur d'un gouvernement inclusif et des droits fondamentaux, notamment pour les femmes et filles, avant d'alléger ses sanctions économiques.

«Les sanctions financières imposées à l'Afghanistan ont paralysé le système bancaire, affectant tous les aspects de l'économie», a souligné la représentante de l'ONU. Elle a exhorté la communauté internationale «à trouver urgemment le moyen» de financer le personnel de santé, les programmes alimentaires et les enseignants qui garantissent un accès à l'éducation pour les filles.

ATS