Le transfert de réfugiés rohingyas reprend

ATS

24.11.2021 - 10:31

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24.11.2021 - 10:31

Le Bangladesh a repris le transfert de Rohingyas vers l'île de Bhashan Char. Les organisations humanitaires jugent pourtant la destination peu sûre, inondable et battue par tous les cyclones.

Le Bangladesh abrite un million de réfugiés rohingyas dans les camps du continent (archives).
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«Des navires de la marine transporteront 2000 Rohingyas sur l'île jeudi», a déclaré Moozzem Hossain, commissaire adjoint aux réfugiés du pays. Il a affirmé que toutes les relocalisations étaient volontaires. Cependant, plusieurs réfugiés ont déclaré à l'AFP avoir été obligés de s'y installer.

«Nous ne voulons pas aller à Bhashan Char», a confié par téléphone à l'AFP une rohingya, sous couvert d'anonymat. Selon elle, un responsable de la communauté rohingya dans les camps a ajouté son nom à une liste de volontaires, sans son consentement. «Si je vais à Bhashan Char, je ne pourrai pas retourner en Birmanie», a-t-elle expliqué.

Un million de réfugiés

Près de 20'000 membres de la minorité apatride ayant fui une répression militaire brutale en Birmanie en 2017, se réfugiant au Bangladesh, ont déjà été relogés sur l'île controversée. Le Bangladesh, qui abrite un million de réfugiés rohingyas dans les camps du continent, souhaite en déplacer 100'000 à terme.

Mais des centaines de réfugiés déjà relocalisés ont depuis fui l'île pour des villes côtières où ils ont été arrêtés. Des dizaines de personnes sont mortes en août dans le naufrage d'un bateau de pêche qui les ramenait sur le continent.

Le mois dernier, l'agence des Nations unies pour les réfugiés a signé un accord avec les autorités du Bangladesh pour fournir aide et protection à la population rohingya de l'île.

Environ 850'000 Rohingyas sont entassés dans des camps le long de la frontière entre le Bangladesh et le Birmanie. La plupart ont fui en 2017 une sanglante répression de l'armée birmane qui, selon l'ONU, pourrait constituer un génocide.

Ile au milieu des cyclones

Le Bangladesh félicité pour avoir accueilli ce flux de réfugiés peine à leur offrir des foyers permanents. Bhashan Char se trouve à 60 kilomètres du Bangladesh continental, au coeur de l'estuaire de la Meghna, région soumise à de puissants cyclones ayant tué environ un million de personnes ces cinquante dernières années.

Human Rights Watch (HRW) a exhorté le Bangladesh à suspendre toute nouvelle relocalisation jusqu'à ce que la liberté de mouvement des réfugiés soit garantie.

Selon HWR mardi, les dirigeants rohingyas sont contraints de persuader les gens de partir pour Bhashan Char, notamment en leur confisquant leurs documents d'identité. «L'accord conclu en octobre par le Bangladesh avec l'ONU ne constitue pas un blanc-seing pour relocaliser de force les réfugiés rohingyas», a rappelé Bill Frelick, directeur des droits des réfugiés et des migrants à HRW.

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