«Nous les forcerons à nous donner des obus» Wagner appelle les Russes à faire pression sur l'armée

ATS

22.2.2023 - 12:46

Le patron du groupe paramilitaire russe Wagner a exhorté mercredi les Russes à faire pression sur l'armée pour fournir des munitions à ses hommes. Un appel inédit qui illustre l'ampleur des tensions entre les mercenaires et l'état-major russe.

"Nous les forcerons à nous donner des obus", a-t-il insisté. "Des obus, il y en a. Mais il faut que des politicards, des salauds, des ordures apposent leur signature" pour qu'ils soient livrés, s'est emporté l'ancien repris de justice.
"Nous les forcerons à nous donner des obus", a-t-il insisté. "Des obus, il y en a. Mais il faut que des politicards, des salauds, des ordures apposent leur signature" pour qu'ils soient livrés, s'est emporté l'ancien repris de justice.
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22.2.2023 - 12:46

«Si chaque Russe à son niveau – pour (éviter) d'appeler qui que ce soit à manifester – disait simplement 'Donnez des obus à Wagner', (...) alors ce serait déjà important», a déclaré l'homme d'affaires Evguéni Prigojine dans un enregistrement sonore diffusé par son service de presse.

Cet appel est inédit en Russie, où les critiques, même individuelles, à l'égard du Kremlin ou de l'armée sont durement réprimées.

M. Prigojine accuse depuis plusieurs jours le haut commandement russe de ne pas fournir de munitions à ses hommes qui sont en première ligne dans la bataille pour la ville de Bakhmout, dans l'est de l'Ukraine.

«Si le chauffeur dit à son patron de donner des obus à Wagner; si l'hôtesse de l'air à l'embarquement dit de donner des obus à Wagner; (...) Si le présentateur dit en direct de donner des obus à Wagner, nous allons les casser et les forcer à arrêter de faire n'importe quoi», a lancé M. Prigojine, s'en prenant à la hiérarchie militaire russe.

Escalade des tensions

«Nous les forcerons à nous donner des obus», a-t-il insisté. «Des obus, il y en a. Mais il faut que des politicards, des salauds, des ordures apposent leur signature» pour qu'ils soient livrés, s'est emporté M. Prigojine.

Ces déclarations de M. Prigojine marquent une nouvelle escalade dans les tensions qui opposent son groupe Wagner à l'armée russe, en concurrence sur le terrain en Ukraine.

Les tensions sont devenues de plus en plus visibles ces dernières semaines, alors que les forces russes tentent de s'emparer de Bakhmout, l'armée et Wagner revendiquant chacun des avancées en se contredisant parfois.

Laisser Wagner se faire «détruire»

Mardi, M. Prigojine avait déjà accusé le chef d'état-major Valéri Guerassimov et le ministre de la Défense Sergueï Choïgou, deux des principales figures du pouvoir du président Vladimir Poutine, de commettre une «trahison» en ne livrant pas les munitions réclamées par Wagner.

Selon lui, l'objectif est de laisser Wagner se faire «détruire» sur le champ de bataille. M. Prigojine avait aussi affirmé que son groupe subissait «des centaines de pertes» chaque jour à cause du manque de munitions.

Le ministère russe de la Défense a répondu mardi à ces accusations avec un communiqué détaillant le nombre de munitions fournies selon lui aux «escadrons d'assaut volontaires», nom que l'armée semble utiliser pour désigner Wagner.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov a lui refusé de commenter ce conflit. En Russie, critiquer l'armée russe est passible de 15 ans de prison. Plusieurs opposants et anonymes sont incarcérés dans le cadre de cette loi.

ATS