Les Péruviens dans l'attente du résultat de la présidentielle

ATS

12.4.2021 - 08:36

Les Péruviens attendaient dimanche soir le résultat du premier tour de l'élection présidentielle. Le scrutin, qui s'est déroulé sans incident, mais en pleine envolée de l'épidémie de Covid-19, s'annonce serré.

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12.4.2021 - 08:36

Au total, dix-huit candidats étaient en lice pour cette présidentielle où aucun favori n'avait émergé pendant la campagne.
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Selon les premiers résultats partiels délivrés peu avant minuit (07h00 en Suisse lundi) par l'Office national électoral portant sur 11,44% des suffrages, Pedro Castillo (gauche radicale) arrive en tête avec 15,8% des voix, devant l'économiste libéral Hernando de Soto (14,7%).

Arrivent ensuite l'homme d'affaires Rafael Lopez Aliaga (13,1%, extrême droite) puis Keiko Fujimori (12,1% droite populiste), la fille de l'ex-président Alberto Fujimori (1990-2000), candidate pour la troisième fois.

Ces résultats particulièrement serrés pourraient facilement évoluer au fil du décompte officiel des voix.

Pourcentages bas

«Jamais dans l'histoire, les pourcentages (obtenus par les deux candidats en tête) n'ont été aussi bas», a souligné l'analyste Fernando Tuesta sur la chaîne Canal N.

Un sondage Ipsos réalisé à la sortie des urnes avait déjà donné Pedro Castillo en tête avec quelque 16,1% des voix, suivi à égalité (11,9%) par Keiko Fujimori et Hernando de Soto.

«Aujourd'hui, le peuple péruvien vient d'ouvrir les yeux», s'est félicité Pedro Castillo, un instituteur et syndicaliste de 51 ans, depuis sa ville natale de Cajamarca (nord). «Il est clair que la marge est étroite», a reconnu M. De Soto, 79 ans, un économiste de stature internationale.

Pas de favori

Au total, dix-huit candidats étaient en lice pour cette présidentielle où aucun favori n'avait émergé pendant la campagne. Le deuxième tour, auquel participeront les deux candidats ayant obtenu le plus de voix dimanche, aura lieu le 6 juin.

Ce scrutin particulièrement incertain a eu lieu alors que le pays a connu sa semaine la plus meurtrière en 13 mois de pandémie, avec un record de 384 morts du coronavirus samedi, le double de la moyenne quotidienne des dix dernières semaines.

Le vote est obligatoire au Pérou sous peine d'amende. De nombreux Péruviens se sont rendus aux urnes à contrecoeur, plus préoccupés par les chiffres alarmants de la pandémie qui a déjà fait plus de 54'000 morts pour 33 millions d'habitants, que par l'élection.

Crises institutionnelles

Les bureaux de vote sont toutefois restés ouverts quatre heures de plus qu'habituellement pour éviter les attroupements. Outre leur président, les 25 millions d'électeurs étaient appelés à élire les 130 députés du Parlement, à l'origine de nombreuses crises institutionnelles ces dernières années.

La dernière, en novembre 2020, a conduit le Pérou à avoir trois présidents en une semaine.

Destitué par le Parlement pour «incapacité morale» sur fond d'accusation de pots-de-vins présumés, le populaire chef de l'Etat Martin Vizcarra a été remplacé par l'opposant Manuel Merino, le président du Parlement.

Forcé cinq jours plus tard à la démission sous la pression de la rue, ce dernier est alors remplacé par le député modéré Francisco Sagasti.

La pandémie au coeur des préoccupations

Dimanche, outre les files d'électeurs, celles de Péruviens tentant d'obtenir des bouteilles d'oxygène pour des malades du Covid-19 étaient visibles à Lima.

L'ex-président Vizcarra avait proposé en janvier de reporter les élections au 23 mai, mais sa proposition n'a reçu aucun soutien. Pendant la campagne, six candidats à la présidence ont contracté le Covid-19.

La pandémie a frappé de plein fouet le Pérou dont le système de santé souffre depuis des années d'un sous-investissement chronique. La pénurie récurrente d'oxygène force les gens à patienter des heures, voire des jours, pour tenter de sauver leurs proches atteints par le Covid-19.

Après avoir connu pendant des années une croissance supérieure à la moyenne latino-américaine, l'économie péruvienne s'est contractée de 11,12% en 2020, le pire chiffre depuis trois décennies.

Quatre millions de Péruviens ont perdu leur emploi à cause de la pandémie et cinq millions sont devenus pauvres. Aujourd'hui, un tiers des habitants vivent dans la pauvreté.

ATS