Le point

Les Russes avancent dans le Donbass, Sloviansk bombardée

ATS

5.7.2022 - 16:19

Les forces russes continuaient mardi d'avancer dans le Donbass, bassin industriel de l'est de l'Ukraine qu'elles veulent finir de conquérir, avec dans le viseur la ville de Sloviansk, cible d'un bombardement massif qui a fait au moins deux morts.

Une image prise à Marioupol le vendredi 1er juillet.
ATS

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5.7.2022 - 16:19

Le gouverneur de la région de Donetsk, à laquelle est rattachée Sloviansk, Pavlo Kyrylenko, a indiqué sur Telegram que deux personnes avaient été tuées et sept autres blessées dans ces frappes qui ont visé le marché central de la ville.

Les journalistes de l'AFP présents à Sloviansk lors du bombardement ont vu des roquettes frapper le marché et trois autres les rues adjacentes. Le marché était en feu, des pompiers tentant de maîtriser l'incendie.

«Terrorisme»

«Une fois encore, les Russes visent intentionnellement des endroits où se rassemblent les civils. C'est du terrorisme pur et simple», a dénoncé M. Kyrylenko, appelant à évacuer.

Après la chute dimanche de Lyssytchansk, pièce maîtresse du plan de conquête du Donbass, les forces russes progressent vers l'ouest et se dirigeaient vers cette ville de quelque 100'000 habitants avant la guerre.

«Sloviansk! Bombardement massif de la ville. Le centre, le nord. Tout le monde reste à l'abri», avait mis en garde sur Facebook Vadim Liakh, le maire de la ville.

Lundi, le président russe Vladimir Poutine avait donné l'ordre à ses troupes de prendre le reste du Donbass, déjà en partie contrôlé par des séparatistes prorusses depuis 2014.

Lyssychantsk était le dernier bastion important tenu par Kiev dans la province de Lougansk, l'une des deux formant le Donbass avec celle de Donetsk.

Mardi matin, les troupes russes progressaient vers l'ouest en direction de Sloviansk et Kramatorsk, les deux plus grandes villes de la province de Donetsk, encore sous contrôle ukrainien. Elles se trouvaient à une dizaine de kilomètres de la ville de Siversk, qu'elles pilonnent depuis plusieurs jours, et donc à une cinquantaine de kilomètres de Sloviansk.

L'armée russe a affirmé dans la matinée avoir bombardé deux postes de commandement ukrainiens à Donetsk. Selon la présidence ukrainienne mardi, «au moins deux civils ont été tués et six blessés» par des bombardements russes dans la province.

Les forces russes ont également affirmé mardi matin avoir bombardé au cours des dernières 24 heures quatre dépôts de munitions et d'artillerie dans la région de Kharkiv (nord-est), où les Ukrainiens ont dit lundi soir avoir repoussé des tentatives d'assaut russes.

Dans le sud, Moscou a également affirmé avoir abattu «un avion Su-25 et trois drones des forces ukrainiennes dans la région de Kherson», des affirmations impossibles à vérifier de source indépendante. Un responsable russe issu des puissants services de sécurité (FSB) a pris la tête mardi du gouvernement de la zone occupée dans cette région par les forces russes, a annoncé l'administration locale.

Enquête sur des tortures

La Russie a par ailleurs déclaré mardi enquêter sur des tortures qu'auraient subies selon elle des soldats russes capturés par les forces ukrainiennes et été libérés lors d'un échange de prisonniers avec l'Ukraine.

L'Ukraine et la Russie, qui ont procédé à plusieurs échanges de prisonniers, s'accusent mutuellement de mauvais traitements ou de tortures sur des prisonniers.

L'Ukraine appelle par ailleurs ses alliés à faire pression sur les compagnies maritimes basées chez eux pour qu'elles cessent de faire du transport de marchandises pour la Russie et de l'aider ainsi à écouler ses productions et soutenir son économie. Volodymyr Zelensky a ainsi dénoncé mardi le rôle des entreprises grecques dans l'exportation du pétrole russe.

Il a dit «croire» que le Bélarus, un allié de Moscou, ne se laissera pas «entraîner» dans la guerre livrée par la Russie à son pays.

Les conséquences de la guerre sur l'économie européenne continuent par ailleurs d'inquiéter: l'euro a plongé mardi à son plus bas depuis près de 20 ans face au dollar, s'approchant de la parité, emporté par les tensions sur l'énergie en Europe provoquées par le conflit.

ATS