Ukraine

Les sanctions contre la Russie viseront le gazoduc Nord Stream II

ATS

27.1.2022 - 10:52

La Russie s'expose à des «conséquences massives» en cas d'agression contre l'Ukraine avec un ensemble de sanctions en préparation par les Occidentaux. Elles incluent le gazoduc germano-russe Nord Stream II, a indiqué jeudi la cheffe de la diplomatie allemande.

"Nous sommes en train de travailler à un paquet de sanctions fortes" avec les alliés occidentaux dans ce cas de figure, qui couvre plusieurs aspects "y compris Nord Stream II", a déclaré Annalena Baerbock.
ATS

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27.1.2022 - 10:52

«Nous sommes en train de travailler à un paquet de sanctions fortes» avec les alliés occidentaux dans ce cas de figure, qui couvre plusieurs aspects «y compris Nord Stream II», a déclaré Annalena Baerbock devant la chambre des députés.

La ministre des Affaires étrangères a ainsi clarifié la position allemande sur ce point, après beaucoup de tergiversations sur cette question centrale ces dernières semaines.

Chaud et froid

Le gouvernement de coalition allemand, qui réunit des sociaux-démocrates plutôt favorables à une approche conciliante avec Moscou, et les écologistes et Libéraux partisans d'une ligne plus dure, n'a cessé de souffler le chaud et le froid concernant le gazoduc.

Le chancelier Olaf Scholz a ainsi tantôt parlé d'un «projet privé» ne devant être mêlé aux questions politiques, tantôt évoqué un accord de principe conclu l'an dernier entre Berlin et Washington et prévoyant de stopper le projet en cas d'agression militaire russe contre l'Ukraine.

Mise en service bloquée

Ce gazoduc, qui doit acheminer du gaz russe en Allemagne et en Europe via la mer Baltique, en contournant l'Ukraine, est achevé. Mais sa mise en service reste actuellement bloquée par le régulateur énergétique allemand, pour des raisons juridiques.

Sur les tensions actuelles autour de l'Ukraine, Mme Baerbock a néanmoins insisté sur la nécessité dans l'immédiat de se concentrer sur les négociations en cours pour tenter d'obtenir une désescalade de Moscou, soupçonné de préparer une invasion. «Tant qu'on parle, on ne tire pas», a-t-elle lancé à la tribune de la chambre des députés.

Berlin doit toutefois faire face à de nombreuses critiques pour son positionnement jugé trop souple avec Moscou. Le gouvernement allemand refuse de livrer des armes à Kiev, contrairement aux Etats-Unis ou à la Grande Bretagne, et il a dû récemment limoger le chef de sa marine nationale, qui avait soutenu la position russe.

Rejet US accueilli froidement

La Russie a auparavant froidement accueilli le rejet par Washington de ses exigences, alimentant la crise russo-occidentale sur l'Ukraine.

Les Etats-Unis et l'Otan ont sans surprise formellement rejeté mercredi des demandes clés de Moscou, à savoir la fin de la politique d'élargissement de l'Otan et un retour de ses déploiements militaires sur les frontières de 1997.

La Russie considère ces points comme des menaces existentielles nourrissant le risque de conflit en Ukraine. Elle veut donc redessiner l'architecture sécuritaire européenne issue de la fin de la Guerre froide et de l'URSS.

«On ne peut pas dire que nos points de vue aient été pris en compte, ou qu'il y ait une volonté de prendre en considération nos préoccupations», a regretté jeudi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. «Nous n'allons pas faire trainer notre réaction (...), mais ne nous attendons pas à ce que cette réaction arrive là, maintenant», a-t-il ajouté.

Porte diplomatique ouverte

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a lui constaté l'absence de «réponse positive à la question principale» soulevée par la Russie.

Mais il a laissé la porte ouverte à la reprise du dialogue en relevant qu'"il y a une réaction (américaine) qui permet d'espérer le début d'une conversation sérieuse sur des questions secondaires».

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a indiqué avoir proposé une «voie diplomatique sérieuse» à Moscou en vue d'une désescalade. Par le passé, les Occidentaux avaient évoqué des dossiers comme le contrôle des armements et des mesures de transparence militaire comme sujets d'intérêts communs.

Washington a exhorté Moscou en outre de ne pas envahir son voisin ukrainien, une offensive qui se traduiraient par des «risques mondiaux».

ATS