Libération ordonnée pour Selahattin Demirtas

ATS

2.9.2019 - 16:43

Selahattin Demirtas a été placé en détention provisoire en novembre 2016. Il risque jusqu'à 142 ans de prison (archives).
Source: KEYSTONE/AP/LEFTERIS PITARAKIS

Un tribunal turc a ordonné lundi la remise en liberté provisoire du leader kurde Selahattin Demirtas dans le cadre de son principal procès. Mais celui-ci devrait rester en prison, car il purge une peine pour une précédente condamnation, a indiqué l'un de ses avocats.

Le tribunal de Sincan, près d'Ankara, a ordonné la libération du leader politique kurde, accusé de diriger une «organisation terroriste», de «propagande terroriste» et d'«incitation à commettre des crimes». Ni l'accusé, ni ses avocats ne participaient à l'audience.

M. Demirtas a été placé en détention provisoire dans le cadre de ce procès en novembre 2016 et risque jusqu'à 142 ans de prison s'il est reconnu coupable. Il n'était toutefois «pas clair dans l'immédiat» quand il serait libéré de la prison d'Edirne (nord-ouest), a précisé son avocat, Ramazan Demir. En effet, il a déjà été condamné en appel le 4 décembre 2018 à une peine de quatre ans et huit mois pour «propagande terroriste».

En revanche, il est possible pour M. Demirtas, ancien co-président du Parti démocratique des peuples (HDP), de faire une demande de remise en liberté conditionnelle dans le cadre de cette condamnation. «Nous nous entretiendrons avec lui aujourd'hui et agirons en fonction de cela», a précisé Me Demir.

Attente d'une décision à Strasbourg

Ses avocats avaient refusé lundi de participer à l'audience, déclarant vouloir attendre celle, le 18 septembre, de la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) portant sur la détention provisoire de leur client dans le cadre de ce procès.

Le 20 novembre dernier, la CEDH avait sommé la Turquie de mettre fin «dans les plus brefs délais» à la détention provisoire de M. Demirtas, sans succès jusqu'à présent.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui accuse régulièrement le HDP d'être la vitrine politique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), classé «terroriste» par Ankara et ses alliés occidentaux, avait rapidement balayé la décision de la CEDH, assurant qu'elle n'était pas contraignante pour Ankara.

Le procès de M. Demirtas a été renvoyé au 7 janvier.

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