Muselés

Moscou ordonne de supprimer le terme d'«invasion» dans ses médias

ATS

26.2.2022 - 15:04

Le régulateur russe des médias a ordonné samedi aux médias nationaux de supprimer de leurs contenus toute référence à des civils tués par l'armée russe en Ukraine. Ainsi que les termes «d'invasion», «d'offensive» ou de «déclaration de guerre».

The app of the Russian government newspaper is displayed on an iPhone screen showing Russian President Vladimir Putin during his speech in the Kremlin in Moscow, Russia, Tuesday, Feb. 22, 2022. As the West sounds the alarm about the Kremlin ordering troops into eastern Ukraine and decries an invasion, Russian state media paints a completely different picture. It portrays the move as Moscow coming to the rescue of war-torn areas tormented by UkraineâÄ™s aggression and bringing them much-needed peace. (AP Photo/Alexander Zemlianichenko Jr)
Cette mise en demeure a été adressée à une série de médias, la plupart critiques du pouvoir russe.
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ATS

26.2.2022 - 15:04

«Nous soulignons que seules les sources officielles russes disposent d'informations actuelles et fiables», a indiqué Roskomnadzor dans un communiqué, alors qu'officiellement Moscou appelle son intervention en Ukraine une «opération militaire spéciale» destinée au «maintien de la paix».

Cette mise en demeure a été adressée à une série de médias, la plupart critiques du pouvoir russe, comme le journal Novaïa Gazeta, dont le rédacteur en chef est le prix Nobel de la paix 2021, la chaîne en ligne Dojd ou le site Mediazona, qui sont déjà classés «agents de l'étranger» en Russie.

Selon le régulateur, ces médias ce sont rendus coupables d'avoir diffusé de fausses informations affirmant que «les forces armées russes tirent sur des villes ukrainiennes». Il leur reproche aussi des contenus «où l'opération menée est qualifiée d'offensive, d'invasion ou de déclaration de guerre».

Restrictions d'accès et amende

En cas de refus d'effacer des contenus, «l'accès à ces médias sera restreint», prévient Roskomnadzor qui évoque aussi de lourdes amendes.

Le ministère russe de la Défense a lui appelé dans un communiqué «toutes les rédactions des médias à être vigilantes et à ne pas devenir victimes aveugles des tuteurs occidentaux chargés d'organiser des pressions dans le champ informationnel» contre la Russie.

Il a dénoncé une «désinformation flagrante» diffusée, selon lui, par l'Ukraine sur les réseaux sociaux et orchestrée par Washington et l'Otan. La Russie a donné un tour de vis considérable depuis un an pour museler ou gêner le travail de médias indépendants et mouvements d'opposition.

ATS