Ukraine

Macron dénonce le «cynisme moral et politique» de Poutine

ATS

7.3.2022 - 17:23

Le président français Emmanuel Macron a dénoncé lundi «le cynisme moral et politique» de Vladimir Poutine qui propose des couloirs humanitaires aux habitants de plusieurs villes d'Ukraine pour «les amener en Russie».

Emmanuel Macron a dénoncé lundi le "cynisme moral et politique" de Vladimir Poutine sur les couloirs humanitaires. (archives)
ATS

ATS

7.3.2022 - 17:23

Ce qui est nécessaire, «ce ne sont pas simplement des couloirs, qui sont tout de suite menacés, ce n'est pas ce discours hypocrite qui consiste à dire: 'On va aller protéger les gens pour les amener en Russie'», a déclaré le président dans une interview à la chaine française LCI.

«Tout ça n'est pas sérieux, c'est du cynisme moral et politique, qui m'est insupportable», a-t-il ajouté.

«Il ne faut pas tomber dans les pièges» tendus par la Russie, a averti pour sa part le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian à l'issue d'une réunion informelle des ministres du Développement de l'Union européenne (UE) à Montpellier.

«Nous avons sur les sièges initiés par les forces armées russes une sinistre expérience», a-t-il rappelé, faisant allusion à ceux d'Alep en Syrie ou encore de Grozny en Tchétchénie.

«Avec sans arrêt le même scénario», a-t-il détaillé: «bombardement, proposition de corridor sanitaire, humanitaire, (...) provocation qui est faite par celui qui lui-même délimite le corridor, tentative de négociation et de pourparler pour mieux condamner l'adversaire qui sort de ces négociations parce qu'on le provoque à sortir, 'rebombardement' et on recommence».

«Froid dans le dos»

«Je me demande si dans les écoles de guerre russes, il n'y a pas des cours pour expliquer bombardements, corridors, négociations, rupture, 'on recommence' (...), ça fait froid dans le dos», a poursuivi le ministre français.

«Il y a un principe, c'est l'accès libre, humanitaire, partout», a poursuivi M. Le Drian, dénonçant les «conditions de négociation-soumission» du président Poutine.

Kiev a refusé lundi les couloirs humanitaires vers le Bélarus et la Russie proposés par Moscou pour l'évacuation des civils des villes ukrainiennes de Kharkhiv, Kiev, Marioupol et Soumy, en proie à de violents combats.

«La Russie plaide pour faire des couloirs humanitaires vers la Russie» mais «je ne connais pas beaucoup d'Ukrainiens qui ont envie d'aller se réfugier en Russie. C'est une hypocrisie, un artefact de communication que je réprouve», a estimé Emmanuel Macron sur LCI.

«Il faut que les acteurs de l'humanitaire puissent intervenir, qu'il y ait des trêves complètes pour mettre en protection les femmes, les enfants, les hommes qui doivent être protégés et pouvoir les sortir de la zone de conflit», a-t-il ajouté.

Notant que la situation «s'aggrave chaque jour» en Ukraine, Emmanuel Macron a insisté qu'il fallait «faire stopper cette guerre sans devenir nous-mêmes des belligérants» et assuré que la France et ses alliés vont «continuer de mettre la pression diplomatique pour que cette guerre s'arrête au plus vite».

L'une des priorités est de «nous mobiliser pour accueillir les Ukrainiens qui fuient la guerre» car «c'est notre devoir (...) nos valeurs», a-t-il ajouté, en remerciant notamment les collectivités locales souhaitant les recevoir.

Cinq millions d'exilés en Europe

L'Europe peut s'attendre à recevoir cinq millions d'exilés, a indiqué lundi le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

Sur le plan diplomatique, Emmanuel Macron et le chancelier allemand Olaf Scholz ont prévu d'échanger mardi avec le président chinois Xi Jiping, a indiqué l'Elysée. Pékin s'est dit «disposé» à participer, «le moment venu», à une médiation internationale pour mettre fin à la guerre.

«C'est évident que la Chine peut jouer un rôle, je ne dis pas de médiateur car elle est beaucoup plus proche de la position de la Russie» mais elle a «une influence claire sur la Russie», a estimé le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell depuis Montpellier.

Emmanuel Macron accueillera par ailleurs jeudi et vendredi à Versailles un sommet européen dont l'objectif sera de discuter des moyens de rendre l'Europe «plus forte et plus souveraine» afin, notamment dans la défense, de «moins dépendre des non-Européens».

ATS