Nouvelle expertise médicale de Tariq Ramadan d'ici au 30 mars

ats / afp

1.3.2018

Tariq Ramadan, lors d'une conference de presse au Club Suisse de la Presse le 16 novembre 2011 a Geneve.  (archives) 
KEYSTONE/Martial Trezzini

Une nouvelle expertise médicale de l'islamologue suisse Tariq Ramadan, mis en examen pour viols, a été ordonnée mercredi par le juge d'instruction chargé de l'enquête, a appris mardi soir l'AFP de source proche de l'enquête. Les experts devront vérifier la compatibilité de son état de santé avec sa détention.

Les conclusions de cette expertise sont attendues pour avant fin mars, selon cette source. Hospitalisé pendant quatre jours mi-février, cet intellectuel musulman controversé a de nouveau été admis à l'hôpital mardi soir, a déclaré une source proche du dossier.

Tariq Ramadan a été mis en examen le 2 février pour viols, dont l'un sur personne vulnérable, après les plaintes de deux femmes fin octobre qui ont débouché sur une information judiciaire. L'intéressé conteste ces accusations.

La justice avait décidé le placement en détention provisoire du théologien. Elle craignait une fuite à l'étranger ou d'éventuelles pressions sur les plaignantes ou d'autres femmes ayant témoigné sous X - un dispositif destiné à protéger le témoin - au cours de l'enquête préliminaire.

Maladies remises en question

Une première expertise avait été réalisée dans l'urgence mi-février par un autre expert à la demande de la cour d'appel de Paris afin qu'elle puisse statuer sur le recours du théologien musulman contre son placement en détention provisoire. Elle avait conclu que la santé de l'islamologue de 55 ans, incarcéré depuis le 2 février, n'était pas contraire à son maintien sous écrou.

Elle avait aussi remis en question les deux maladies, une sclérose en plaques et une neuropathie, dont il dit souffrir, jugeant leur diagnostic "incertain". Le médecin soulignait néanmoins "la nécessité d'un bilan neurologique complet et sérieux qui n'a pas été fait depuis les années que semblent durer les troubles allégués".

L'expert judiciaire estimait aussi que les pathologies évoquées par l'islamologue ne pouvaient s'aggraver brutalement et ne pouvaient "pas engager à court ou plus long terme le pronostic vital".

Les avocats de M. Ramadan, qui ont déposé un pourvoi en cassation contre la décision de la chambre de l'instruction, avaient dénoncé une expertise effectuée sommairement, sans que l'expert ait eu accès au dossier médical complet de leur client.

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