Mexico Des milliers de personnes manifestent contre la réforme électorale

ATS

26.2.2023 - 22:13

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dimanche à Mexico contre une réforme électorale approuvée par le pouvoir. Celle-ci menace selon l'opposition l'indépendance de l'Institut national électoral en charge de l'organisation du scrutin présidentiel mi-2024

La réforme "est un pas en arrière pour la démocratie", a déclaré à l'AFP Alejandro Rordiguez, un avocat de 61 ans.
La réforme "est un pas en arrière pour la démocratie", a déclaré à l'AFP Alejandro Rordiguez, un avocat de 61 ans.
ATS

ATS

26.2.2023 - 22:13

Les manifestants vêtus de blanc et de rose ont investi la place centrale du Zocalo (21'000 m2) sous le slogan #On ne touche pas à mon vote, a constaté un journaliste de l'AFP.

L'opposition et une partie de la société civile rejettent la réforme électorale définitivement approuvée mercredi par le Congrès, où les proches du président Andres Manuel Lopez Obrador et leurs alliés ont la majorité.

La réforme réduit la taille et les moyens de l'Institut national électoral (INE), que Lopez Obrador accuse d'avoir couvert des fraudes dans le passé.

«Pas en arrière pour la démocratie»

La réforme «est un pas en arrière pour la démocratie», a déclaré à l'AFP Alejandro Rordiguez, un avocat de 61 ans. M. Rodriguez ajoute qu'il veut aussi «protester» contre le président de gauche, dont la politique estime-t-il «porte préjudice aux Mexicains».

Les changements limitent les pouvoirs de l'INE pour superviser la propagande électorale à la radio et la télévision, et élimine 85% de ses professionnels de carrière.

«Des éléments-clés (...) du système électoral mexicain qui a permis la rénovation pacifique et périodique des pouvoirs à travers le vote libre et secret, peuvent courir le risque de se voir affectés», selon l'INE.

L'opposition assure que ces changements affectent l'indépendance de l'INE au bénéfice du pouvoir en place à l'approche des élections de 2024.

«Corrompus»

Adepte du clivage politique, M. Lopez Obrador a disqualifié ses adversaires en les traitant de «corrompus» qui veulent revenir au pouvoir. Le président affirme que l'organisation des élections coûte plus cher au Mexique qu'ailleurs.

Il a estimé que les manifestants défendaient également l'ex-secrétaire (ministre) de la Sécurité, Genaro García Luna, qui vient d'être reconnu coupable de trafic de drogue par un tribunal aux Etats-Unis.

«Ils viennent dire: on ne touche pas à l'INE, mais aussi 'on ne touche pas à Garcia Luna' et dans le fond: 'on ne touche pas au régime corrompu et conservateur», a déclaré M. Lopez Obrador mercredi.

Une première manifestation de l'opposition contre la réforme avait rassemblé des dizaines de milliers de personnes dans les rues de Mexico le 13 novembre. Deux semaines plus tard, le président mobilisait dans la rue des dizaines de milliers de personnes pour présenter le bilan de ses quatre ans au pouvoir.

Recours annoncé

L'INE et les partis de l'opposition ont annoncé un recours contre la réforme électorale devant la Cour suprême.

ATS