Extrême droite

Orban, Salvini et Morawiecki posent la base d'une nouvelle alliance

ATS

1.4.2021 - 21:32

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1.4.2021 - 21:32

Les Premiers ministre hongrois et polonais ont jeté jeudi à Budapest avec l'Italien Matteo Salvini les bases d'une nouvelle alliance à la droite des conservateurs en Europe. Ils n'ont toutefois pas évoqué à ce stade une recomposition des groupes au Parlement européen.

Mateusz Morawiecki, Viktor Orban et Matteo Salvini (de gauche à droite) ont "l'objectif d'être les premiers en Europe".
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A l'issue de la réunion, Viktor Orban a salué «le premier pas d'une longue route en commun». «Nous avons convenu de continuer le travail. On se rencontrera en mai, soit à Rome, soit à Varsovie. La date dépendra de la pandémie» de Covid-19, a déclaré le dirigeant souverainiste hongrois lors d'une conférence de presse commune.

A ses côtés, Matteo Salvini, le chef de la Ligue, a parlé d'un «chemin qui commence aujourd'hui et qui se poursuivra en plusieurs étapes dans différentes capitales européennes, en élargissant le groupe».

«Nous nous présentons comme le noyau historique et fondateur» de cette alliance, avec «l'objectif d'être les premiers en Europe», a-t-il ajouté. Il a promis de «l'espérance» après «la période la plus sombre, la plus obscure de l'après-guerre».

Selon le Premier ministre Polonais Mateusz Morawiecki, il s'agit de «représenter un large spectre d'opinions et de gens». Il a prôné «une intégration européenne (...) qui respecte la souveraineté nationale, la famille, la chrétienté», la défense des valeurs «traditionnelles».

Groupes différents

Il s'agissait de la première rencontre entre les trois hommes depuis que le parti de Viktor Orban, le Fidesz, a claqué la porte de la grande famille du Parti Populaire européen (PPE, droite). Ils ont en commun leur opposition à la Commission européenne sur l'Etat de droit et le respect du droit d'asile, mais aussi désormais leur non-appartenance au PPE, premier parti au Parlement européen.

Mais alors que les douze eurodéputés du Fidesz siègent maintenant parmi les non inscrits, ceux de M. Salvini et ceux de M. Morawiecki font partie de deux groupes parlementaires distincts à Strasbourg.

Le Parti Droit et justice (PiS) polonais siège au sein du Groupe des Conservateurs et Réformistes européens (62 élus), avec les Espagnols de Vox, le parti nationaliste belge NVA ou les Italiens de Fratelli d'Italia de Giorgia Meloni, un parti qui puise ses racines dans le néofascisme.

La Ligue fait quant à elle partie du groupe «Identité et démocratie», avec le Rassemblement national (RN) français et l'AfD allemande

Un bloc pro-Poutine

Unies, les formations situées à la droite du PPE constitueraient la seconde force politique au Parlement européen et pourraient peser sur la politique de l'UE, avait souligné Matteo Salvini mardi en annonçant cette rencontre.

«Il n'est pas irréaliste que ces partis puissent former un groupe au Parlement européen», a commenté auprès de l'AFP Daniele Albertazzi, politologue à l'université de Birmingham, tout en soulignant leurs divergences sur nombre de sujets.

Jusqu'à présent, les tentatives d'union des forces politiques nationalistes et d'extrême droite se sont toujours soldées par des échecs au parlement européen.

Immédiatement après la rencontre, le chef du PPE, le Polonais Donald Tusk, a écrit sur Twitter: «La Russie mobilise ses forces autour de l'Ukraine. (...) A Budapest, Morawiecki organise avec Orban et Salvini un bloc politique pro-Poutine. Ceci n'est pas un poisson d'avril».

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