L’avionneur suisse Pilatus soutient les pilotes de chasse saoudiens

sob

24.10.2018

Le 9 août 2016, au moins 14 civils ont perdu la vie lors d’une frappe aérienne saoudienne contre une usine de la capitale du Yémen, Sanaa.
Keystone/AP/Hani Mohammed

L’avionneur Pilatus travaille à Riyad depuis 2017 pour l’armée saoudienne, qui largue des bombes au Yémen. Les politiciens suisses sont consternés.

Un contrat d’assistance jusqu’ici passé inaperçu entre la fabrique d’avions Pilatus de Stans et l’armée de l’air saoudienne suscite de vives discussions en Suisse. L’Arabie saoudite ne peut-elle effectuer autant de missions destructrices au-dessus du Yémen que grâce à l’aide suisse?

La coopération entre l’avionneur Pilatus basé à Stans et la Force aérienne royale saoudienne remonte à début 2017, soit presque deux ans après le début du conflit avec le Yémen, comme le rapporte le «Tages-Anzeiger».

55 avions d’entraînement

Pilatus fournit un soutien important à l’Arabie saoudite pour les 55 avions d’entraînement que le régime a acheté à Pilatus en 2012. Afin de remplir son contrat d’assistance, Pilatus a augmenté ses effectifs à Riyad, en Arabie Saoudite. La coopération entre Pilatus et l’armée de l’air saoudienne est pour l’heure limitée à cinq ans.

Lorsque des bombes tombent du ciel au Yémen, elles frappent très souvent des cibles civiles telles que des hôpitaux, des bus scolaires et même des mariages. Des milliers d’enfants ont déjà été victimes de la guerre aérienne qu’une alliance militaire dirigée par l’Arabie saoudite mène depuis mars 2015.

Cette affaire préoccupe énormément les politiciens fédéraux. «Ce n’est clairement pas acceptable!», déclare la conseillère nationale Kathy Riklin. Il est possible que l’Arabie saoudite bénéficie directement du soutien de Pilatus pour mener ses opérations aériennes. «Le Conseil fédéral doit cesser de fournir ce service.»

Pour la présidente des Verts, Regula Rytz, il y a même une possible violation de la loi sur le mercenariat. Une loi qui interdit aux entreprises suisses de conseiller et de former des membres de forces armées, si ces dernières  enfreignent gravement les droits humains.

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