Présidentielle

Présidentielle: Macron fait durer le vrai-faux suspense

ATS

1.2.2022 - 21:14

A 68 jours du premier tour de l'élection présidentielle, Emmanuelle Macron ne s'est encore pas déclaré candidat. Mais c'est un secret de polichinelle.
ATS

Emmanuel Macron a confirmé mardi que le temps de sa candidature à la présidentielle n'était pas encore venu, mais il rafle déjà la mise des parrainages d'élus, au moment où son camp s'active à 68 jours du premier tour.

ATS

1.2.2022 - 21:14

La question n'est pas de savoir si le chef de l'Etat, favori des sondages depuis des mois avec environ 25% des intentions de vote au premier tour, est candidat mais quand il va l'annoncer et comment. Ce qui assurément relancera une campagne qui pour l'instant peine à mobiliser les Français.

«J'ai d'abord l'obsession que la phase aiguë de l'épidémie et le pic de la crise géopolitique actuelle soient derrière nous», a affirmé mardi soir le président dans une interview à La Voix du Nord.

«Je ne peux pas raisonnablement expliquer aux Français que je vais m'adonner à ce temps démocratique important, alors que je leur ai dit que je serai président jusqu'au bout et que nous avons une crise à la frontière ukrainienne qui menace notre sécurité collective», a-t-il fait valoir.

Pour Emmanuel Macron, l'exercice est délicat: trop tôt et il se voit reprocher de confondre les rôles, comme l'en accusent déjà ses adversaires, ne manque pas de souligner une ministre. Mais attendre trop longtemps, c'est prendre le risque d'entrer tardivement dans l'arène et de se voir accuser par les oppositions d'avancer masqué.

Son entourage évoque une «fenêtre de tir entre le 10 et le 20 février», à condition que «la question sanitaire soit passée et qu'on ne soit ni dans une crise internationale, ni en pleine séquence européenne».

Ces 40 dernières années, les déclarations de candidature de président sortant varient de 70 jours (Jacques Chirac en 2002) avant le premier tour à seulement 33 jours (François Mitterrand en 1988).

105 parrainages

En attendant, Emmanuel Macron arrive largement en tête du sésame des parrainages d'élus avec 105 à son compteur, selon une première liste mise en ligne mardi par le Conseil Constitutionnel.

Il devance la socialiste Anne Hidalgo (48), la candidate des Républicains, Valérie Pécresse (34) et le communiste, Fabien Roussel (30).

Derrière, l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon et le candidat d'extrême droite Eric Zemmour en recueillent tous deux 14, tandis que l'écologiste Yannick Jadot en a 11 et la dirigeante du Rassemblement national, Marine Le Pen, 2.

Les candidats ont jusqu'au vendredi 4 mars pour réunir les 500 parrainages nécessaires à leur participation au scrutin.

Multiples casquettes

Les rivaux d'Emmanuel Macron critiquent vivement la confusion selon eux entre les fonctions de président et de candidat.

Comme le président de LR Christian Jacob qui l'a accusé fin janvier de faire campagne «avec les moyens de l'Etat», une situation «pas loin du détournement de fonds publics».

Il a saisi le 11 janvier la commission des comptes de campagne, ainsi que l'Arcom (ex-CSA) pour les alerter sur les dépenses liées aux déplacements présidentiels.

Emmanuel Macron sera justement mercredi dans les Hauts-de-France avec ses multiples casquettes: président, futur candidat et chef en exercice du conseil de l'UE.

Il défendra une réforme européenne de l'espace Schengen mais aussi sa propre stratégie sur l'immigration, l'un des enjeux de la campagne présidentielle, particulièrement au sein de l'électorat de droite et d'extrême droite, dont les candidats rassemblent près de 50% des intentions de vote.

La candidate d'extrême droite Marine Le Pen, au coude-à-coude dans les sondages avec Valérie Pécresse pour décrocher la deuxième place au premier tour, a pris les devants mardi en fustigeant lors d'un déplacement à Brest «quarante ans de laxisme» en matière de sécurité qu'elle associe notamment à «l'immigration incontrôlée».

A l'inverse, le candidat écologiste Yannick Jadot, en campagne dans les rues de Lille, a insisté que, lui président, les migrants seraient «accueillis dignement», accusant certains responsables politiques d'"instrumentaliser le désespoir».

ATS