Présidentielle: mobilisation des électeurs, scrutin serré

ATS

12.8.2021 - 17:06

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12.8.2021 - 17:06

Les Zambiens choisissaient jeudi leur président, entre le sortant Edgar Lungu et son grand rival Hakainde Hichilema. Cela après une campagne tendue centrée sur l'économie du premier pays africain à avoir fait défaut sur sa dette depuis le début de la pandémie.

Zambian President Edgar Lungu casts his vote at a polling station in Lusaka, Zambia, Thursday Aug, 12, 2021. Zambia's standing as one of Africas most stable democracies is being tested this week as President Lungu seeks re-election.(AP Photo/Tsvangirayi Mukwazhi)
Le président zambien Edgar Lungu dépose son vote dans un bureau de vote à Lusaka, en Zambie, le jeudi 12 août 2021.
KEYSTONE

Dès l'aube, des centaines de personnes forment des files d'attente impressionnantes devant les bureaux de vote. Dans le township de Matero, Andrew Daka, 20 ans, qui vote pour la première fois, veut du «changement»: «on ne peut plus continuer comme ça», souffle-t-il à l'AFP.

Plus loin, dans ce bureau modeste du sud de Lusaka, le président Lungu, 64 ans, veste en cuir et dents du bonheur, dépasse tout le monde d'une tête. «Les Zambiens sont prêts à voter et ils sont nombreux», dit-il à sa sortie, acclamé par des partisans poings en l'air. «On va gagner!».

«Les gens veulent que ça change»

A la mi-journée, Hichilema, surnommé «HH» ou le terme affectueux «Bally», riche homme d'affaires autodidacte de 59 ans qui se présente pour la sixième fois et promet de redresser l'économie, prend un bain de foule en allant voter.

Des centaines de journalistes et partisans agglutinés le suivent pas à pas. «Nous sommes confiants (dans le fait que) nous allons remporter la mise», dit-il, en costume sobre et col ouvert. «Les gens veulent que ça change, ça se voit sur leurs visages».

«Ce qui compte, c'est que la décision de qui devient président, qui dirige ce pays, soit déterminée par (...) les électeurs, pas par les gens qui comptent les voix», ajoute-t-il le sourcil froncé. La veille, «HH» avait appelé la commission électorale à garantir un scrutin «libre et équitable».

Crainte de fraudes

L'opposition, qui craint des fraudes, avait aussi accusé le gouvernement de chercher à entraver la campagne de M. Hichilema, ce que le Front patriotique (PF) au pouvoir dément avec véhémence.

Et alors que le gouvernement avait menacé de bloquer internet si certains «colportent des fausses informations pouvant déstabiliser» l'élection, messages Whatsapp et internet étaient ralentis ou bloqués par endroits dans l'après-midi, a-t-on constaté.

Patrons chinois critiqués

Dans le quartier populaire de Mtendere, plus de 200 électeurs prennent leur mal en patience. Thomas Wandu, mineur de 41 ans, va voter Lungu, perçu comme un homme fort. «Sous terre, ça ne se passe comme ça devrait», confie-t-il à l'AFP, «les patrons (chinois) ne respectent pas leurs engagements de salaires».

Mais la hausse du coût de la vie a érodé la base de soutien du président sortant, selon les sondages, et l'élection pourrait être plus serrée qu'en 2016, quand «HH» avait perdu d'un peu plus de 100'000 voix.

Frénésie de projets d'infrastructure

M. Lungu, avocat de formation, est critiqué pour avoir emprunté de façon déraisonnable, notamment auprès de créanciers chinois, pour financer une frénésie de projets d'infrastructure.

L'inflation a grimpé à plus de 20% sous sa présidence et fin 2020, la Zambie a été le premier pays africain à se trouver en défaut de paiement depuis l'apparition du coronavirus.

Violences entre partisans des candidats

Des violences sporadiques ont éclaté à l'approche du vote entre partisans des deux principaux candidats, poussant M. Lungu à déployer l'armée. L'opposition a dénoncé cette mesure sans précédent, la qualifiant de tactique d'intimidation.

Le président s'est montré de plus en plus autoritaire face à toute opposition depuis son arrivée au pouvoir en 2015, faisant craindre des tensions en cas de contestation des résultats, qui devraient être connus d'ici dimanche soir, dans les 72 heures après la fermeture des bureaux de vote jeudi (18h00 heure suisse).

Le gagnant doit obtenir plus de 50% des voix pour éviter un second tour, ce que les observateurs jugent peu probable.

ATS