Le candidat conservateur en tête pour affronter Orban

ATS

17.10.2021 - 21:58

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17.10.2021 - 21:58

L'outsider Peter Marki-Zay, un conservateur âgé de 49 ans, est en bonne position pour remporter dimanche la primaire de l'opposition en Hongrie et affronter Viktor Orban en 2022, selon de premiers résultats partiels.

epa09508562 Hungarian Prime Minister Viktor Orban arrives for an EU-Western Balkans summit in Brdo pri Kranju, in Kranj, Slovenia, 06 October 2021. The summit, part of the EU's strategic engagement with the Western Balkans, is hosted by the Slovenian presidency of the Council and brings together leaders from EU member states and the six Western Balkans partners (Albania, Bosnia and Herzegovina, Serbia, Montenegro, North Macedonia and Kosovo). EPA/RADEK PIETRUSZKA POLAND OUT
Le premier ministre Viktor Orban attend son futur adversaire
KEYSTONE

M. Marki-Zay, 49 ans, catholique pratiquant et père de sept enfants, a obtenu près de 60% des voix, selon la commission électorale des primaires, dans environ la moitié des circonscriptions dépouillées.

Sa concurrente, l'avocate proeuropéenne Klara Dobrev, a elle récolté un peu plus de 40% des suffrages. Les résultats définitifs doivent être annoncés plus tard dans la soirée.

Les organisateurs ont qualifié ces primaires de «succès incroyable». Elles ont mobilisé plus de 800'000 électeurs au cours des deux tours, soit près de 10% du corps électoral de ce pays membre de l'Union européenne (UE) comptant 9,8 millions d'habitants.

«C'est beaucoup de monde par rapport à des pays qui, contrairement à la Hongrie où cela ne s'était jamais produit auparavant, ont une longue tradition de primaires», a déclaré à l'AFP lors du dépouillement Marta V.Naszalyi, maire écologiste du premier arrondissement de Budapest.

anti-corruption

Au premier tour, cinq candidats étaient en lice et Peter Marki-Zay avait réussi à obtenir 20% des suffrages, alors qu'il n'avait dépensé que 10'000 euros pour faire campagne sans le soutien financier ni logistique d'une formation politique.

S'étant présenté comme un candidat anti-élite et anti-corruption, âgé de 49 ans, cet ancien électeur du Fidesz, le parti de Viktor Orban, a gagné notamment grâce aux votes des plus jeunes.

Il a vécu cinq ans aux Etats-Unis et au Canada et assure ne plus se reconnaître dans les actions menées par le dirigeant, accusé de corruption et d'autoritarisme. Il a bénéficié du désistement du maire libéral et écologiste de Budapest Gergely Karacsony, arrivé devant lui avec 27%.

Ce dernier a estimé que l'opposition aurait plus de chance de remporter les législatives contre Viktor Orban si Mme Dobrev ne dirigeait pas la coalition de six partis, unis de manière inédite. Elle était arrivée en tête du premier tour fin septembre avec 35% des voix.

Les partisans de la candidate de centre gauche, issue du principal parti d'opposition, Coalition démocratique (DK), mettait en avant son expérience au parlement européen, dont elle est vice-présidente. Mais le fait qu'elle soit la femme de l'ancien premier ministre Ferenc Gyurcsany, auquel Viktor Orban avait succédé en 2010, constituait pour elle un handicap, selon les sondages.

Front commun

La victoire de Peter Marki-Zay est «un cauchemar pour Viktor Orban», estime l'analyste Robert Laszlo. «A la différence de Klara Dobrev, il ne peut pas être facilement moqué par le premier ministre comme étant une marionnette de Ferenc Gyurcsany», a-t-il dit à l'AFP.

Après des années de querelles et une série de défaites, c'est la première fois que l'opposition décide de présenter un front commun dans un processus inédit. Elle est portée par des municipales prometteuses en 2019 et des sondages favorables.

Libérale, écologiste, socialiste ou issue de l'extrême droite, les formations représentées au parlement ont signé une déclaration commune, où elles accusent M.Orban d'avoir taillé à son avantage la loi électorale pour empêcher l'alternance, et se sont engagées sur un programme de gouvernement.

Une centaine de représentants ont aussi été choisis dans chacune des circonscriptions.

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