Réclusion criminelle pour un djihadiste

ATS

4.7.2020 - 01:03

Le djihadiste avait été arrêté en Turquie (Keystone archives/image symbolique).
Source: KEYSTONE/AP/FRANCOIS MORI

Un djihadiste français, émir de l'EI et figure de la galaxie terroriste française, a été condamné vendredi en France à 30 ans de réclusion criminelle, pour des crimes commis en Syrie de 2013 à 2015. La peine est assortie d'une période de sûreté des deux tiers.

La cour a «décidé de ne pas prononcer» de perpétuité, pour laisser à l'accusé «une lueur d'espoir» pour qu'il puisse «évoluer», a expliqué le président du tribunal.

En 2015, l'accusé est devenu policier de l'Etat islamique (EI) à Shaddadi et a participé à l'exécution filmée de deux prisonniers d'une balle dans la tête. Il a été jugé coupable de ce crime, qu'il n'a jamais reconnu, affirmant à l'audience qu'il se trouvait là un peu par hasard «à la sortie de la mosquée».

La cour a reconnu l'émir de l'EI coupable d'association de malfaiteurs terroriste, d'avoir dirigé un groupe de combattants et aussi de «meurtres en bande organisée» en lien avec une entreprise terroriste.

«Le bottin des personnalités djihadistes»

L'homme était l'un des premiers de sa génération à gagner la Syrie, dès la fin 2012, et l'un des rares individus encore vivants à en être revenu. «Toutes les étapes du parcours de l'accusé sont imbriquées dans celles de la construction du califat», avait assené le représentant du parquet général.

«Ouvrir le dossier Vilus, c'est ouvrir le bottin des personnalités djihadistes francophones. Il les connaît presque toutes», avait-il ajouté, avant d'énumérer les noms de son «frère» Rached Riahi, membre de la filière de Cannes-Torcy, du Belge Mehdi Nemmouche et surtout de l'équipe des attentats du 13 novembre 2015.

Installé dans la région d'Alep en mars 2013, Tyler Vilus a annoncé dès l'été sa promotion à sa mère Christine Rivière, elle-même condamnée à dix ans pour trois séjours en Syrie auprès de son fils: «En plus d'être flic, je suis devenu émir d'un groupe de Français».

A partir de 2014, il s'établit comme «policier islamique» à Shaddadi, où se déroule la terrible scène d'exécution filmée par l'EI. Il avait été arrêté en Turquie en juillet 2015.

Aucune preuve n'a permis de le rattacher aux attentats du 13 novembre à Paris, mais le procureur avait estimé qu'il revenait en France pour «frapper».

Retour à la page d'accueil