Strasbourg veut des «obligations de relance»

ATS

17.4.2020 - 18:18

La quasi-totalité des eurodéputés ont participé à distance à cette plénière exceptionnelle de deux jours.
Source: Compte Twitter du Parlement européen

Le Parlement européen s'est prononcé vendredi en faveur d'une forme de mutualisation de la dette européenne comme moyen de relance de l'économie après la crise du coronavirus. Un débat qui doit toujours être tranché entre dirigeants.

Dans une résolution votée par 395 voix contre 171 et 128 abstentions, les eurodéputés estiment que le redressement économique «devrait inclure des 'obligations de relance', garanties par le budget de l'UE». Ils appellent à la création d'un «fonds de solidarité européen contre le coronavirus d'au moins 50 milliards d'euros».

«Nous voulons faire en sorte que les dépenses de chaque Etat aujourd'hui soient mutualisées, il s'agit de mutualiser la dette liée au plan de relance», a expliqué devant la presse le président du Parlement David Sassoli. «Cela vaut pour le plan de relance mais cela ne vaudra évidemment pas pour (la dette) passée», a-t-il insisté, alors que ce point a fait débat au sein des eurodéputés.

«Vive inquiétude»

Dans cette même résolution, très large, sur la réponse de l'UE à la crise, le Parlement fait aussi part de sa «vive inquiétude» sur la situation en Hongrie où l'état d'urgence a été déclaré pour une période indéterminée, et en Pologne où une élection présidentielle doit se tenir en pleine pandémie.

Au cours de cette plénière exceptionnelle de deux jours, à laquelle la quasi-totalité des eurodéputés ont participé à distance, le Parlement a validé un paquet d'aides d'urgence de 3,08 milliards d'euros, principalement à destination du secteur de la santé, ainsi que des mesures permettant un accès immédiat à des financements destinés à atténuer les effets de la crise.

Cette aide européenne, ponctionnée sur le budget 2020, doit soutenir les Etats membres pour fournir davantage de tests du Covid-19 et aider les professionnels de santé.

«L'initiative devrait permettre à l'UE d'acheter des fournitures médicales urgentes, telles que des masques ou du matériel respiratoire, de transporter du matériel médical et des patients dans les régions transfrontalières, de financer le recrutement de professionnels de santé supplémentaires pouvant être déployés dans les zones les plus touchées de l'Union, ainsi que d'aider les Etats membres à construire des hôpitaux de terrain mobiles», résume le Parlement.

Aide à la Grèce

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies doit recevoir une enveloppe additionnelle de 3,6 millions. En outre, 350 millions sont destinés à la Grèce pour la soutenir dans le domaine de la migration et 100 millions vont être attribués à l'Albanie pour l'aider à financer la reconstruction après le tremblement de terre.

Une flexibilité «maximale» va désormais permettre de déployer les fonds structurels de l'UE non encore utilisés pour pallier les effets négatifs de la crise.

Les pêcheurs vont quant à eux pouvoir bénéficier de mesures spécifiques, pour les soutenir en cas d'arrêt temporaire de leurs activités ou pour le stockage.

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ATS