Tous les collaborateurs kaboulis de Berne et leurs familles sont en lieu sûr

gd, ats

24.8.2021 - 16:16

Les collaborateurs kaboulis de Berne et leurs proches familles ont réussi à échapper aux talibans. Une grande partie a déjà été évacuée d'Afghanistan. Les autres se trouvent dans la partie sécurisée de l'aéroport de la capitale.

Le charter de Swiss a évacué 141 employés kaboulis de Berne et membres de leurs proches familles (archives).
ATS

gd, ats

24.8.2021 - 16:16

«L'une des plus grandes opérations d'évacuation de la Suisse est presque terminée. Je suis soulagé», a soufflé mardi le ministre des affaires étrangères Ignazio Cassis devant les médias à Berne. Et de remercier l'Allemagne, les Etats-Unis et l'Ouzbékistan pour leur aide dans les rapatriements.

Pour le moment, 292 personnes ayant un lien avec la Suisse ont été évacuées d'Afghanistan. Soixante-six autres sont encore à l'aéroport de Kaboul, a précisé Hans-Peter Lenz, chef du centre de gestion des crises du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

Le charter de Swiss, envoyé lundi dans la capitale ouzbek Tachkent, est lui revenu cette nuit avec 141 employés locaux et leurs familles proches ainsi que 78 ressortissants allemands, suédois et afghans, a expliqué le Tessinois. «La Suisse a ainsi apporté une contribution concrète aux efforts d'évacuation de la communauté internationale.» Il n'est toutefois pas prévu d'envoyer un autre avion sur place.

Statut de réfugié

Les personnes rapatriées font partie du contingent de réfugiés habilités à participer au programme de réinstallation du Haut commissariat pour les réfugiés, a expliqué le secrétaire d'Etat aux migrations Mario Gattiker. «C'était la manière la plus simple et la moins bureaucratique de les faire venir en Suisse.»

A leur arrivée, ils ont passé les contrôles habituels à l'aéroport et effectué un test Covid-19. Deux d'entre eux étaient positifs. Ils ont immédiatement été placés en isolement. Le Service de renseignement de la Confédération (SRC) a également procédé à un contrôle. Aucun élément problématique n'est apparu. Si nécessaire, un troisième contrôle pourra être effectué ultérieurement.

En tant que réfugiés, les personnes évacuées n'ont pas besoin de déposer une demande d'asile, a précisé Mario Gattiker. Elles ont été réparties par famille dans les centres d'enregistrement de la Confédération, où elles devraient rester plusieurs semaines avant de rejoindre les hébergements cantonaux. Après cinq ans, elles pourront transformer leur permis B en permis de résidence.

Quant aux ressortissants helvétiques, quinze d'entre eux sont encore en Afghanistan. Il s'agit de personnes qui n'ont pas pu ou pas voulu se rendre à l'aéroport, a expliqué Hans-Peter Lenz. L'ambassade suisse à Islamabad, compétente pour l’Afghanistan, est en contact régulier avec eux. «Nous faisons tout pour qu'elles puissent également quitter le pays», a souligné Ignazio Cassis.

«Bâtir des ponts»

«La situation humanitaire sur place reste précaire», a encore noté le conseiller fédéral. Dix-huit millions d'Afghans dépendent de l'aide. Un chiffre qui a doublé depuis le début de l'année. La Suisse a reçu plusieurs demandes de soutien de la part d'organisations internationales, sur lesquelles elle devrait prendre position dans les jours à venir.

Sur le plan diplomatique, Berne est toujours prête à offrir ses bons offices, a-t-il continué. Que ce soit en tant qu'Etat-hôte ou pour faciliter les discussions entre les parties. «La discussion avec les talibans est possible. Pour bâtir des ponts, c'est même nécessaire.»

gd, ats