«Un moulin à paroles égocentré, tiède et sans souffle»

AFP

16.12.2021

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16.12.2021

«Interview Potemkine» d'un président «égocentré», «propagande» hors décompte du temps de parole des candidats à la présidentielle: les oppositions continuent de critiquer jeudi l'entretien télévisé la veille d'Emmanuel Macron, qui n'a pas officialisé sa candidature à la présidentielle.

Emmanuel Macron n'a toujours pas officialisé sa candidature à la présidentielle.
KEYSTONE

«Un moulin à paroles égocentré, tiède et sans souffle. Sans un mot sur la catastrophe en cours en Outre-mer. Sans un mot sérieux sur les crises écologiques et sociales. Ni la paix dans le monde, ni la guerre du Mali. Bavardage hors-sol», a jugé le candidat LFI Jean-Luc Mélenchon dans un tweet.

«Macron devait parler de la France. Il parle de Macron. 67 millions d'absents ce soir: les Français, leurs colères, leurs attentes, leurs espoirs», a déploré Ian Brossat, porte-parole du candidat PCF à la présidentielle Fabien Roussel.

«+Où va la France ?+ Il ne l'a pas dit», a déploré le député et porte-parole du PS Boris Vallaud en référence au titre de l'émission. «Demain, on va passer du +quoi qu'il en coûte+ à une question simple: qui va payer?», s'est-il inquiété.

Le premier secrétaire Olivier Faure a accusé le chef de l'Etat de «réinvente(r) l'interview Potemkine», avec un discours: «+J'ai appris, j’ai changé et c’est pour ça que je vais continuer comme avant+», a-t-il raillé dans un tweet.

«On attendait le Président sur l’essentiel: la France. On l’a eu sur l’accessoire: lui-même», a lâché le candidat d'extrême droite Eric Zemmour, sur Twitter également.

Pour le maire d'extrême droite de Béziers (Hérault) Robert Ménard, «c'était le +en même temps+: en même temps président et en même temps candidat», a-t-il estimé sur RMC vendredi en relevant «l'envie» selon lui du président de «faire une espèce de mea culpa, mais ça sonne faux, et il n'y a pas une réflexion sur le fond».

A droite, le député LR Eric Ciotti a critiqué «une émission de propagande de la part d'un candidat», une «interview (qui) pose un vrai problème démocratique».

Le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau a critiqué «Jupiter convoquant les Français à venir le voir se contempler dans le miroir des caméras», ou «l’évidence d’une candidature».

«Vive l’ORTF», a lancé le secrétaire général des Républicains Pierre-Henri Dumont, qui y a vu une «grande opération de désamorçage de tout ce qui sera potentiellement reproché à Emmanuel Macron durant sa future campagne présidentielle», le tout «en prime time sur la 1ere chaîne de France et en dehors du temps de parole dévolu par le CSA à chaque candidat».