Un plan contre les violences conjugales

ATS

25.11.2019 - 11:37

Le premier ministre français Edouard Philippe veut «briser la chaîne du silence» avec son plan contre les violences conjugales.
Source: KEYSTONE/EPA AFP POOL/STEPHANE DE SAKUTIN / POOL

Prise en charge, renforcement du code pénal et numéro d'écoute: le gouvernement français a annoncé lundi un plan contre les féminicides, espérant un «électrochoc». Ce fléau suscite une vague d'indignation sans précédent en France.

Les financements sont «là», «massifs», a assuré le premier ministre français Édouard Philippe, confirmant le chiffre de 360 millions d'euros dédiés à la lutte contre les violences faites aux femmes «en une année». Depuis le début 2019, au moins 117 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, selon un décompte et une étude au cas par cas menés par l'AFP.

Pour mettre fin à des «dysfonctionnements dont nous n'avons pas jusqu'à aujourd'hui voulu prendre conscience», Édouard Philippe a annoncé des initiatives susceptibles selon lui de «briser la chaîne du silence».

Il s'agira notamment de «mieux définir dans notre droit ce que recouvre le terme de violences», en créant une «nouvelle circonstance aggravante pour les auteurs de violences dans le cas de harcèlement ayant conduit au suicide», ou encore en inscrivant dans la loi la notion d'«emprise» psychologique, qui «prépare souvent la violence physique», a détaillé le premier ministre.

«Absurdités juridiques» supprimées

Il a confirmé que les règles régissant le secret médical seraient aménagées, pour permettre aux professionnels de santé de signaler plus facilement les «cas d'urgence absolue où il existe un risque sérieux de renouvellement de violence».

Certaines «absurdités juridiques» seront supprimées, comme l'obligation alimentaire, «qui contraint les enfants à subvenir aux besoins de leurs parents, donc de leur père, y compris quand celui-ci a assassiné leur mère».

Plusieurs de ces mesures seront inscrites dans une proposition de loi, a confirmé Édouard Philippe. Ce texte entérinera aussi «le principe de la suspension automatique de l'autorité parentale pour le conjoint meurtrier» ou de son «aménagement par le juge pénal» pour «le conjoint violent», mesures annoncées le 3 septembre.

Dès dimanche, la secrétaire d'État à l'égalité femmes-hommes Marlène Schiappa avait annoncé que le gouvernement allait créer et cofinancer à 50%, dans chaque région, deux centres de prise en charge des hommes auteurs de violences conjugales, afin de faire baisser la récidive.

Par ailleurs, la ligne d'écoute dédiée aux victimes de violences conjugales, le 3919, fonctionnera désormais 24 heures/24 et 7 jours sur 7.

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