Un procès en diffamation reporté au 5 février

ATS

20.1.2021 - 12:14

La justice russe a repoussé au 5 février un procès en diffamation contre Alexeï Navalny, a indiqué mercredi l'avocate du principal opposant russe, confronté à de multiples procédures judiciaires depuis son retour en Russie.

epa08950914 Lawyers Vadim Kobzev (R) and Olga Mikhailova (L) of Russian opposition leader Alexei Navalny speak with the media outside the Babushkinsky district court in Moscow, Russia, 20 January 2021, after the postponement of the field session in the libel case that was initiated in connection with Navalny's comment about the promo video for the amendments to the Constitution. Alexei Navalny was detained after his arrival to Moscow from Germany. EPA/YURI KOCHETKOV
Les avocats du chef de l'opposition russe Alexei Navalny, Vadim Kobzev et Olga Mikhaïlova, s'entretiennent avec les médias devant le tribunal de district de Babushkinsky à Moscou, en Russie, le 20 janvier 2021.
KEYSTONE

«La cour a repoussé aujourd'hui l'audience pour diffamation car Alexeï Navalny est en détention et n'a pas été amené (au tribunal)», a indiqué aux journalistes Olga Mikhaïlova, ajoutant que la défense de l'opposant avait soutenu cette décision.

M. Navalny a été arrêté dimanche dès son retour d'Allemagne, où il était en convalescence après son empoisonnement présumé en août en Sibérie, dont il tient le président Vladimir Poutine pour responsable malgré les dénégations de Moscou.

Il est depuis incarcéré seul dans une cellule pour quatorze jours, en vertu des mesures pour limiter l'épidémie de coronavirus.

Navalny au coeur de plusieurs affaires 

Dans l'affaire dont l'audience a été reportée mercredi, M. Navalny est accusé d'avoir diffusé des informations «injurieuses» à l'égard d'un ancien combattant qui avait soutenu un récent référendum constitutionnel ayant renforcé les pouvoirs de Vladimir Poutine.

L'opposant, qui risque une amende et jusqu'à cinq ans de prison, dénonce une accusation politique.

Le 2 février, il doit également comparaître, accusé d'avoir violé les conditions d'une condamnation en 2014 à trois ans et demi de prison avec sursis, peine qui pourrait être transformée en emprisonnement ferme.

C'est dans le cadre de cette affaire qu'il a été placé lundi en détention au moins jusqu'au 15 février.

M. Navalny est aussi visé depuis fin décembre par une enquête pour «fraudes massives», délit passible de 10 ans de prison.

Appel à manifester

Mercredi, l'un de ses avocats, Vladimir Kobzev, a raconté aux journalistes avoir pu discuter une demi-heure avec son client la veille: «Il se sent bien, il a bien dormi, il est jovial et plein d'énergie».

Pour protester contre son emprisonnement, l'opposant et ses partisans ont appelé à manifester, samedi 23 janvier, dans 46 villes de Russie.

Alexeï Navalny a aussi riposté mardi contre le Kremlin, publiant une vaste enquête anti-corruption sur le «palais de Poutine».

Dans une vidéo déjà visionnée plus de 18 millions de fois sur Youtube, son équipe assure que Vladimir Poutine est le bénéficiaire d'une luxueuse et gigantesque demeure sur les rives de la mer Noire.

Le Kremlin invite les Russes à «réfléchir»

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a rejeté ces accusations et dénoncé mercredi une «attaque» contre M. Poutine.

Selon lui, le but d'Alexeï Navalny et de son équipe est d'attirer des dons de sympathisants à travers ce genre de vidéo. M. Peskov a dès lors appelé les Russes à «réfléchir avant de transférer de l'argent à de tels escrocs».

Tombé gravement malade en Sibérie, fin août, Alexeï Navalny avait été transporté et hospitalisé en Allemagne dans le coma.

Trois laboratoires européens ont conclu à son empoisonnement par un agent neurotoxique militaire, ce que réfute Moscou qui dénonce un complot.

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ATS