Allemagne: vers un allègement du confinement

ATS

19.4.2020 - 21:40

L'Allemagne commence lundi à alléger les restrictions contre le Covid-19, avec réouverture de commerces et des écoles dans certaines régions.
Source: KEYSTONE/AP/Kay Nietfeld

Les mesures de confinement prises dans plusieurs grands pays occidentaux pour endiguer la pandémie de coronavirus semblaient porter leurs fruits dimanche. A tel point que leur allègement est à l'ordre du jour, avec prudence et à plus ou moins brève échéance.

Après l'Autriche ou le Danemark, l'Allemagne va permettre lundi la réouverture de la plupart des magasins d'une surface inférieure à 800 mètres carrés et des écoles dans certaines régions. Avec plus de 135'000 cas officiellement recensés et environ 4000 décès, la pandémie est «sous contrôle et gérable», a estimé le ministre de la Santé Jens Spahn.

Ce «succès d'étape» est néanmoins «fragile», a averti la chancelière Angela Merkel, alors qu'Armin Laschet, ministre-président de Rhénanie du Nord-Westphalie, l'une des régions les plus touchées, a averti que «nous ne pourrons pas vivre notre ancienne vie avant longtemps».

«La situation s'améliore»

Plusieurs pays, dont la France (19'718 morts), l'Espagne (20'453) et l'Italie (23'660), ont enregistré des nombres de malades et de décès en baisse, après des semaines de hausse, permettant d'entrevoir, pour les semaines à venir, les premières mesures de déconfinement.

«Nous ne sommes pas sortis de la crise sanitaire», même si «la situation s'améliore progressivement, lentement mais sûrement», a souligné le premier ministre français Edouard Philippe, dont le pays envisage un déconfinement progressif à partir du 11 mai. Il a toutefois averti que les Français ne retrouveront «pas tout de suite et probablement pas avant longtemps» leur «vie d'avant».

En Italie, les premières mesures d'allègement ne seront pas prises avant le 3 mai, ont rappelé les autorités, mais peu à peu les entreprises rouvrent, même si c'est de façon partielle et avec un luxe de précautions. «Nous sommes de retour!«, a lancé le glacier romain Giolitti, qui annonce une reprise de ses livraisons mardi.

Symboles

En Espagne, le chef du centre d'alertes sanitaires Fernando Simon a annoncé que, pour la première fois depuis le 22 mars, le bilan des morts quotidiens était passé, avec 410 décès, sous la barre des 500.

La morgue improvisée dans une patinoire de Madrid doit fermer mercredi, et à partir du 27 avril les enfants, strictement enfermés depuis le 14 mars, pourront sortir prendre l'air. Autre symbole en Italie, l'église du cimetière de Bergame (nord) est «enfin» vide de cercueils, a twitté samedi le syndic de la ville.

En Norvège, où le virus est désormais «sous contrôle», les crèches rouvriront lundi et l'interdiction de séjour dans les résidences secondaires sera levée. Une deuxième étape, à partir du 27 avril, verra la réouverture partielle des collèges, lycées et universités.

«Nous pouvons rouvrir la société petit à petit. Nous ferons cela ensemble, de façon contrôlée et progressivement», a déclaré la Première ministre Erna Solberg.

Tensions aux Etats-Unis

Aux Etats-Unis, où un bras de fer oppose le président Trump, ardent défenseur d'une reprise rapide de l'activité économique, à plusieurs Etats démocrates, le gouverneur de New York a annoncé que la pandémie avait pour le première fois amorcé une courbe «descendante».

«La poursuite de cette baisse dépendra de ce que nous ferons», a souligné Andrew Cuomo, qui a prolongé récemment les mesures de confinement jusqu'au 15 mai. Le gouvernement israélien a quant à lui approuvé l'assouplissement de certaines restrictions à partir de ce dimanche, dans le cadre d'un plan «responsable et progressif».

Démenti chinois

La pandémie a fait près de 164'000 morts dans le monde, dont près des deux tiers en Europe, depuis son apparition en décembre dans la ville chinoise de Wuhan (centre), selon un bilan établi par l'AFP.

Les Etats-Unis, le pays le plus touché tant en nombre de morts (au moins 40'500 selon l'université Johns Hopkins) que de cas (plus de 740'000), ont mis en cause de façon répétée la Chine pour avoir «dissimulé» le nombre réel de victimes et la gravité de l'épidémie.

Le directeur du laboratoire chinois mis en cause a démenti: «c'est impossible que ce virus vienne de chez nous», a dit à la chaîne étatique CGTN, Yuan Zhiming, directeur de l'Institut de virologie de Wuhan. Il a dénoncé des accusations «sans preuves» et «pour tromper les gens».

Selon la plupart des scientifiques, le nouveau coronavirus a probablement été transmis à l'homme par un animal. Un marché de Wuhan a été incriminé car il aurait vendu des animaux sauvages vivants. Mais la présence à quelques kilomètres de là de cet Institut de virologie alimente les spéculations sur une fuite depuis ces installations sensibles.

Ailleurs dans le monde, le seuil des 2000 morts a été franchi en Turquie et celui des mille morts officiellement recensés a été franchi en Afrique.

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