L'exposition «Chappatte, Gare aux dessins» fait escale à Genève

mf, ats

4.12.2021 - 12:37

Créée par le Musée des Beaux-Arts du Locle, l'exposition «Chappatte, Gare aux dessins» s'arrête jusqu'au 20 février prochain, au Commun, à Genève. L'occasion pour le public de s'interroger sur le dessin de presse et sa fonction, ainsi que sur la liberté d'expression à l'heure de la mondialisation.

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4.12.2021 - 12:37

Swiss cartoonist Patrick Chappatte speaks during a panel session during the 49th Annual Meeting of the World Economic Forum, WEF, in Davos, Switzerland, Wednesday, January 23, 2019. The meeting brings together entrepreneurs, scientists, corporate and political leaders in Davos under the topic
On oublie «que l'humour est aussi un outil du vivre-ensemble, qui nous permet de sourire de nous-mêmes et des autres», déplore Chappatte.
KEYSTONE

Aujourd'hui, le danger de l'autocensure guette les créateurs et les créatrices, indique Nathalie Herschdorfer, la directrice du Musée des beaux-arts du Locle, en guise d'introduction à l'exposition. À l'ère des réseaux sociaux où chacun est à fleur de peau, le dessin politique semble plus que jamais en danger, relève-t-elle encore.

«Chappatte, Gare aux dessins» pose la question de cette liberté d'expression dans le monde d'aujourd'hui. Aujourd'hui, le dessin de presse se retrouve sous le feu croisé de multiples menaces, écrit Chappatte dans la présentation de l'exposition. La pression ne vient pas seulement du pouvoir politique.

S'en prendre aux croyances religieuses peut aussi se payer très cher. Les journalistes et dessinateurs de Charlie Hebdo en ont fait la sanglante expérience. «L'attentat contre la rédaction du journal satirique parisien, en janvier 2015, a montré la forme la plus absolue de la censure: le meurtre», rappelle Chappatte.

Les réseaux sociaux sont aussi le terreau de nouveaux interdits qui menace la liberté de création. Au nom des droits des minorités, la colère peut parfois s'abattre sur l'auteur d'un dessin. On oublie «que l'humour est aussi un outil du vivre-ensemble, qui nous permet de sourire de nous-mêmes et des autres», déplore Chappatte.

Rédactions plus frileuses

Cet oeil inquisiteur omniprésent peut aussi intimider les rédactions des médias traditionnels. «Les rédacteurs en chef ont parfois perdu l'appétit», regrette Chappatte. La retraite et les excuses après la publication d'un dessin polémique sont souvent préférées à la bagarre et à la défense d'un espace de liberté.

Bien que le dessin de presse se trouve au bout de toutes ces lignes de mire et que le dessinateur se sente bien seul au centre de la cible, Chappatte dit rester positif. Le monde d'aujourd'hui est celui des images et les dessins, grâce aux réseaux sociaux, n'ont jamais été autant vus et partagés.

Dans ce monde de l'immédiat, les nouvelles possibilités abondent non seulement pour le dessin d'actualité, fixe ou animé, mais aussi, note Chappatte, dans des formes narratives comme le reportage en bande dessinée, dont l'essor ne cesse de se confirmer, ou des spectacles dessinés sur scène.

«Chappatte, Gare aux dessins» ouvre le 17 décembre et l'exposition qui occupe l'espace commun du Bâtiment d'art contemporain (BAC) dure jusqu'au 20 février. L'exposition a été repensée et adaptée aux événements des années 2020 et 2021. Chappatte, 54 ans, publie depuis 30 ans ses dessins dans la presse suisse et étrangère.

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