Complots et racisme vont de pair, selon la Commission fédérale

nipa, ats

27.9.2021 - 09:12

En temps de crise, théories du complot et racisme font bon ménage, constate la Commission fédérale contre le racisme (CFR). L'éducation aux nouveaux médias en ligne est essentielle pour combattre ce fléau.

nipa, ats

27.9.2021 - 09:12

A woman holds a sign at the 2020 Unity March Against Racism in Chicago, Saturday, Oct. 10, 2020. The Southwest Chicago Diversity Collaborative (SCDC) in collaboration with neighbors and other organizations to march in unity declaring that Black Lives matter in the 19th Ward, in the city of Chicago, and across the nation. (AP Photo/Nam Y. Huh)
Théorie du complot lié au racisme, celle du grand remplacement est en vogue dans les cercles de l'ultra-droite. Elle affirme l'existence d'un «plan» des élites mondialistes pour «remplacer» les populations et la culture française et européennes par l'immigration. (image d'illustration)
KEYSTONE

Les théories du complot et les fausses nouvelles véhiculent les stéréotypes et les préjugés contre des communautés, alimentant le racisme. Grâce à Internet, ces phénomènes sont passés de la marge à la lumière et suscitent craintes et interrogations, analyse la CFR dans le nouveau numéro de son magazine, «Tangram», publié lundi.

Théories racistes

L'historien Claus Oberhauser ouvre le dossier par un décryptage des théories du complot liées au racisme basé sur deux exemples: les Protocoles des sages de Sion, un document forgé de toutes pièces en Russie par la police du tsar au début du XXe siècle pour alimenter l'antisémitisme, inventant au passage un «complot juif mondial».

Et plus récemment la théorie du grand remplacement, en vogue dans les cercles de l'ultra-droite. Elle affirme l'existence d'un «plan» des élites mondialistes pour «remplacer» les populations et la culture française et européennes par l'immigration, notamment africaine et maghrébine.

«Les théories du complot en vogue aujourd'hui ne tombent pas du ciel. Une longue période de maturation leur a été nécessaire avant de s'imposer dans le grand public. Plusieurs facteurs y contribuent, mais les crises sociales globales jouent là un rôle décisif», souligne l'historien.

Education

Ces théories ou «faits alternatifs» sont largement amplifiés par les réseaux sociaux. «Les milieux complotistes forment un microcosme à part, avec leurs propres influenceurs, canaux vidéo, boutiques en ligne, festivals», explique dans «Tangram» Katharina Nocun, experte en numérique.

Un état de fait qui inquiète la présidente de la CFR, l'ancienne conseillère nationale et conseillère d'Etat genevoise Martine Brunschwig Graf. «Ces instruments mensongers peuvent servir de moteur aux attitudes et discours racistes et cibler les victimes les plus exposées», déplore-t-elle dans son éditorial.

Pour saisir le mal à la racine, il faut se concentrer sur l'éducation aux médias et à la culture numérique, recommande la CFR. Il s'agit également d'effectuer un travail de fond sur le décryptage et la déconstruction des thèses complotistes et des fausses nouvelles.

nipa, ats