Découverte

Des insectes dans la plaie: l'étrange habitude de chimpanzés

ATS

8.2.2022 - 06:17

Pour un humain, le réflexe pour soigner une plaie sera a priori de la désinfecter, puis de la protéger à l'aide d'un pansement. Pour certains chimpanzés, la méthode consiste à attraper des insectes et à les appliquer directement sur la plaie ouverte.

La scène a lieu dans le parc national de Loango, qui borde l'océan Atlantique dans l'ouest du Gabon, où les chercheurs étudient un groupe de 45 chimpanzés (image symbolique/Keystone archives).
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8.2.2022 - 06:17

Pour la première fois, des scientifiques ont observé ce comportement chez des chimpanzés au Gabon, qui l'utilisent non seulement pour traiter leurs propres blessures, mais aussi celles de leurs congénères.

Cette découverte, publiée lundi dans la revue Current Biology, apporte une contribution importante au débat sur la capacité des chimpanzés – et des animaux en général – à aider leurs semblables de façon désintéressée.

Le point de départ remonte à 2019, lorsqu'une femelle adulte est filmée en train d'inspecter une plaie sur le pied de sa progéniture, un chimpanzé adolescent. Elle attrape brusquement un insecte, l'immobilise dans sa bouche où elle semble le presser, puis l'applique sur la plaie. Après avoir extrait l'insecte de la blessure, elle répète deux fois l'opération.

Insecte pas encore identifié

Par la suite, sur une période de quinze mois, les scientifiques voient des chimpanzés procéder pas moins de 19 fois à cette même technique, sur eux-mêmes. Et par deux autres fois, ils observent des chimpanzés blessés être traités de la même façon par un congénère ou plusieurs à la fois.

Les plaies, parfois larges de plusieurs centimètres, peuvent résulter de conflits entre les individus du groupe ou avec d'autres groupes voisins. Loin de protester, les chimpanzés meurtris se laissent faire.

Les chercheurs n'ont pas identifié quel insecte était utilisé, mais pensent qu'il s'agit d'un insecte volant vu le mouvement rapide effectué par les chimpanzés pour l'attraper. Ils pensent que cet insecte contient potentiellement des substances «qui pourraient avoir une fonction anti-inflammatoire, voire apaisante», explique Simone Pika, biologiste à l'université d'Osnabrück en Allemagne et coauteure de l'étude.

Des comportements d'auto-médication ont déjà été observés chez d'autres animaux (oiseaux, ours, éléphants), par exemple via l'ingestion de plantes. Mais les chimpanzés utilisent ici cette technique y compris pour aider d'autres individus.

ATS