L'EPFL crée une aorte artificielle qui réduit la pression sanguine

uc, ats

3.2.2021 - 15:34

Des scientifiques de l’EPFL présentent dans la revue Advanced Science une aorte en silicone capable de soulager le travail du cœur. Cette recherche pourrait proposer aux patients une alternative à la transplantation cardiaque.

Un scientifique pratique une experience dans le laboratoire du Centre pour muscles artificiels lors de l'inauguration du Centre pour muscles artificiels a Microcity ce mercredi 27 juin 2018 a Neuchatel. Ce centre va permettre a lEpfl, en collaboration avec l'Inselspital, l'hopital universitaire de Berne, puis l'hopital universitaire de Zurich, de developper un systeme d'assistance cardiaque moins invasif pour aider les cÏurs en defaillance. (KEYSTONE/Jean-Christophe Bott)
Un scientifique pratique une expérience en laboratoire lors de l'inauguration du Centre pour muscles artificiels a Microcity en juin 2018 a Neuchâtel. (archives)
KEYSTONE

L’insuffisance cardiaque touche plus de 23 millions de personnes dans le monde. Bien que la transplantation se révèle la norme pour les patients atteints de cette pathologie, il existe une demande en thérapies alternatives en raison de la pénurie de donneurs de cœur.

«De nouvelles conceptions de dispositifs d’assistance cardiaque pourraient éliminer ou retarder la nécessité d’une transplantation», explique Yves Perriard, responsable du Centre pour muscles artificiels de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), cité mercredi dans un communiqué de cette dernière.

Partis de ce constat, une dizaine de chercheurs issus du Laboratoire d’actionneurs intégrés ont travaillé durant quatre ans à la réalisation d’une assistance cardiaque basée sur des actionneurs souples.

Aorte de silicone et d’électrodes

Au naturel, l’aorte est élastique. Quand le sang est expulsé du ventricule gauche, elle se gonfle. Puis elle se resserre et expulse l’hémoglobine, qu’elle a stockée temporairement, dans le corps. Lors d’insuffisance cardiaque par exemple, le cœur doit fournir plus d’énergie pour effectuer cette tâche.

Les scientifiques ont imaginé un segment d’aorte artificielle composée de membranes en silicone et d’électrodes. Ce système se place juste après la valve aortique et accentue le rôle de l’aorte: on parle alors d’aorte «augmentée».

Le système se place juste après la valve aortique et accentue le rôle de l’aorte.
EPFL

Lorsqu’une tension électrique est appliquée, le tube s’élargit et devient plus grand que l’aorte naturelle. «Ce dispositif a l’avantage de modifier la pression vue par le cœur», précise Yoan Civet, collaborateur scientifique du laboratoire. «L’idée n’est pas de remplacer le cœur, mais de l’aider».

Réduire l’énergie cardiaque

Pour leurs expériences, les chercheurs ont construit un simulateur composé de pompes et de chambres qui reproduit les conditions physiologiques humaines de flux et de pression. «Grâce à notre dispositif, nous avons constaté une réduction de 5,5% de l’énergie cardiaque», déclare Yoan Civet.

À l’avenir, ils prévoient de poursuivre les tests de leur aorte artificielle et d'en augmenter les performances. L’équipe a déposé une demande de brevet pour cette technologie. Elle espère que cette structure sera utile pour résoudre d’autres problèmes médicaux, comme les troubles urologiques qui nécessitent une approche similaire.

Cette recherche s’inscrit dans le cadre d’une collaboration avec l’EPF de Zurich et l’Université de Berne. Le groupe a reçu une bourse de douze millions de francs de la fondation Werner-Siemens sur douze ans pour développer une assistance cardiaque, un système urologique et un dispositif pour la reconstruction faciale. Le tout à base d’actionneurs souples.

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