Exploiter le méthane qui sommeille au fond des lacs

stsc, ats

31.3.2021 - 16:42

Dans les lacs sommeillent des quantités gigantesques de méthane issu de la décomposition microbienne de la biomasse. Des chercheurs suisses proposent d'exploiter ce potentiel énergétique.

Le site de tir de Forel (FR) était beaucoup plus utilisé à une certaine époque qu'aujourd'hui, avec le dépôt de munitions accumulées au fil des décennies dans la transparence des eaux du lac de Neuchâtel.
Dans les lacs sommeillent des quantités gigantesques de méthane issu de la décomposition microbienne de la biomasse.
KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

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31.3.2021 - 16:42

Gaz à l'effet de serre, le méthane persiste nettement moins longtemps dans l'atmosphère que le dioxyde de carbone, mais il est 25 fois plus nocif pour le climat. L'industrie pétrolière et l'agriculture en sont les principales sources d'émissions.

Ce qui est moins connu est que les lacs sont responsables de 20% des émissions mondiales naturelles de méthane. «En théorie, cela suffirait à couvrir les besoins énergétiques mondiaux», indique Maciej Bartosiewicz, de l'Université de Bâle, cité mercredi dans un communiqué de cette dernière. Le gaz peut en effet être utilisé pour produire de l'électricité ou comme carburant sous forme de méthanol.

Depuis 2016, du méthane est extrait du lac Kivu, en Afrique centrale, pour la production d'électricité. Le cas est toutefois particulier puisque les quantités de méthane qui y sont présentes à 260 mètres de profondeur sont uniques au monde, cent fois plus élevées que d'ordinaire. Jusqu'ici, une telle extraction n'était pas rentable sur d'autres plans d'eau.

Contribution aux objectifs climatiques

Dans la revue Environmental Science and Technology, l'équipe bâloise, avec des confrères de l'EPF de Zurich, affirme toutefois que le méthane peut être extrait de l'eau de manière beaucoup plus efficace grâce à des membranes à base de zéolithes. Ces minéraux microporeux hydrophobes peuvent en effet être utilisés comme des tamis moléculaires, et l'EPFZ a du savoir-faire dans ce domaine.

Pour les auteurs, la Suisse avec ses nombreux barrages serait prédestinée à exploiter le méthane qui s'échappe en partie dans l'atmosphère. Cela pourrait être une contribution importante aux objectifs climatiques, selon eux.

Il y a toutefois encore du chemin de la théorie à la pratique, entre les études de faisabilité et l'évaluation des risques pour les écosystèmes, souligne l'alma mater bâloise. La question de la durabilité doit également être examinée: une étude menée par l'Institut de recherche sur l'eau Eawag au lac Kivu a montré que le méthane lacustre ne se régénère que lentement.

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