Quelles mesures anti-Covid sont les plus efficaces?

ATS

18.11.2021 - 07:36

Après presque deux ans de crise liée au coronavirus et malgré une jungle de recherches, les comparaisons restent difficiles pour déterminer quelles sont les mesures les plus efficaces contre le Covid-19. Une vaste étude sur le sujet conclut toutefois à l'intérêt de porter le masque sanitaire.

ATS

18.11.2021 - 07:36

Une infirmiere se lavant les mains pose pour le photographe a la maternite du CHUV ce mercredi 12 aout 2009 au CHUV a Lausanne. Cette image illustre les mesure prise pour prevenir les risques en milieu hospitalier lorsqu'une alerte a la Grippe (H1N1) est declaree. Le personnel doit porter un masque ainsi qu'un flacon de desinfectant pour se laver les mains. (KEYSTONE/Jean-Christophe Bott)
Les conclusions «laissent penser qu'il y a un bénéfice associé au lavage des mains, au port du masque et à la distanciation physique». (image d'illustration)
KEYSTONE

«On manque encore de résultats d'excellente qualité sur le SARS-CoV-2 et l'efficacité des mesures de santé publique», résume cette recherche publiée mercredi dans le British Medical Journal (BMJ). Elle est l'une des premières à évaluer aussi largement l'efficacité des mesures de lutte contre le Covid-19.

L'étude du BMJ est une méta-analyse, qui compile les quelque 70 recherches existantes en les pondérant en fonction de leur sérieux et de leur niveau d'exigence. L'intérêt est considérable, car ce type de travail donne la meilleure idée possible de l'état des connaissances sur un sujet donné. Mais, dans le cas présent, les réponses ne sont guère tranchées.

Les conclusions «laissent penser qu'il y a un bénéfice associé au lavage des mains, au port du masque et à la distanciation physique», c'est-à-dire le fait d'éviter de rassembler trop de monde dans un endroit donné. Mais ces effets ne sont pas très marqués et, sur d'autres mesures, les chercheurs ne sont même pas en mesure de trancher.

Difficile d'isoler un facteur

«À cause de l'hétérogénéité des études, une méta-analyse n'a pas été possible sur les effets des quarantaines et des isolements, des confinements stricts, de la fermeture des frontières, des écoles et des lieux de travail», énumèrent-ils. Pire encore, les auteurs n'ont pas été en mesure d'examiner des recherches sur les effets d'une bonne aération des lieux clos.



Par certains côtés, la faiblesse des études compilées est liée à ce qui est examiné. Contrairement aux vaccins anti-Covid-19 et aux traitements potentiels, il est difficile de constituer, d'entrée de jeu, différents groupes qui appliqueront ou non une mesure.

La plupart des études compilées examinent donc après coup la fréquence des cas de Covid-19 dans une population qui s'est vu imposer une mesure ou y a été incitée.

La faiblesse de cette approche, c'est qu'il est difficile de distinguer ce qui vient réellement d'une mesure donnée, d'autant que les autorités ont généralement appliqué systématiquement plusieurs d'entre elles: ce n'est pas parce qu'un confinement était en place que le port du masque n'était pas recommandé.

Il est donc difficile d'isoler un facteur en particulier. Toutefois, ces commentateurs, parmi lesquels le professeur australien de médecine Paul Glasziou, estiment qu'il est possible d'engager des études plus convaincantes qu'actuellement.

«Il faut des recherches plus nombreuses et de meilleure qualité», soulignent-ils, jugeant que le manque de travaux solides «est une tragédie dans la pandémie.»

ATS