Pourquoi rendre obligatoire le port du masque en extérieur?

De Julia Käser

2.11.2020

D’abord hésitante, la Confédération mise désormais de plus en plus sur les masques pour lutter contre le coronavirus. Désormais, le port du masque est obligatoire dans de nombreux lieux extérieurs. Mais à quoi bon prendre cette mesure?

Pendant longtemps, la Confédération s’est abstenue de rendre le port du masque obligatoire dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Les masques ne suffiraient pas à maîtriser la pandémie, a déclaré ce printemps à maintes reprises Daniel Koch, alors à la tête de l’OFSP.

Néanmoins, le masque a été rendu obligatoire dans de nombreux endroits au cours de l’été. Dans une interview accordée à «blue News» en juillet, Daniel Koch s’en est tenu à ses propos, ajoutant toutefois: «Les masques peuvent aider, ils peuvent faire baisser le taux de contamination.»

Finalement, l’OFSP et les épidémiologistes ont semblé trouver un terrain d’entente: si le port du masque ne garantit pas une protection totale contre le coronavirus, il ralentit néanmoins sa propagation. Dans les transports en commun puis dans les lieux publics clos, le port du masque est devenu obligatoire à l’échelle de la Suisse.



A quoi bon porter un masque en extérieur?

A présent, cette obligation est une nouvelle fois étendue. Désormais, le port du masque est également obligatoire en extérieur – plus précisément dans les zones piétonnes très fréquentées et dans les espaces extérieurs des établissements et des entreprises. En outre, le masque doit être porté partout où la distance minimale d'un mètre et demi ne peut être respectée.

Mais à quoi bon rendre obligatoire le port du masque en extérieur? Après tout, une étude japonaise conclut que le risque d’infection est presque vingt fois plus élevé en milieu clos qu’en plein air.



Outre le fait que les aérosols se dissipent rapidement en plein air, cela s’explique également par le fait que si l’on rencontre beaucoup de monde à l’extérieur, cela se limite généralement à des contacts furtifs. D’après l’OFSP, le risque de contamination est plutôt faible si l’on passe rapidement à côté d’une personne infectée.

Marcel Tanner, épidémiologiste et membre du groupe de travail COVID-19 de la Confédération, salue néanmoins la décision du Conseil fédéral de la semaine passée, la jugeant proportionnée. «Ce n’est pas comme s’il fallait désormais porter constamment un masque en extérieur. L’obligation du port du masque ne s’applique qu’aux endroits où la distance requise par rapport aux autres personnes ne peut être maintenue», comme par exemple sur les marchés ou dans les rues commerçantes très fréquentées.

Selon un épidémiologiste, l’élargissement du port du masque «est une mesure logique»

Selon Marcel Tanner, la pertinence du port du masque en extérieur en fonction de la situation a déjà été démontrée au printemps par l’exemple des ouvriers du bâtiment. L’épidémiologiste affirme que le port du masque doit être rendu obligatoire partout où les règles de distanciation ne peuvent pas être respectées. En effet, en extérieur, les contaminations peuvent également se produire via l’air.

En principe, l’élargissement de l’obligation du port du masque aux lieux extérieurs fréquentés représente selon l’épidémiologiste une mesure logique. «Sur les marchés de Noël, par exemple, on rencontre beaucoup de gens dans un espace étroit. Se passer d’une telle mesure contredirait l’obligation du port du masque en milieu clos», soutient Marcel Tanner.



Toujours est-il qu’une utilisation correcte du masque demeure cruciale. «Le fait de toucher la partie intérieure du masque sans s’être lavé les mains puis de toucher d’autres personnes, ou simplement de ranger le masque dans un sac, comporte de nombreux risques. Il va de soi que son utilité sera donc faible», explique Marcel Tanner, qui précise qu’il est important de respecter les règles d’hygiène en plus de porter un masque.

Par ailleurs, «rien ne fonctionne à 100%. Mais si l’on porte un masque en plus de respecter les mesures de base – c’est-à-dire les mesures d’hygiène et de distanciation – cela contribue à réduire les contaminations de manière significative.»

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