Accord-cadre:

L'UDC est contre, mais Parmelin sera la voix du Conseil fédéral

cc, ats

18.4.2021 - 15:22

Guy Parmelin assure qu'il présentera la position du Conseil fédéral sur l'accord-cadre lors de sa rencontre prévue vendredi avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Le groupe PLR aux Chambres et les faîtières économiques réitèrent leur soutien à ce traité rejeté par l'UDC. Les cantons demandent eux à être consultés.

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18.4.2021 - 15:22

Guy Parmelin, President de la Confederation, parle lors de l'Assemblee des delegues de l'UDC Suisse sous forme numerique le samedi 27 mars 2021 a Neuchatel. (KEYSTONE/Jean-Christophe Bott)
Son parti, l'UDC, ne veut pas d'un accord-cadre, mais Guy Parmelin l'assure, il représentera l'opinion du Conseil fédéral «quel que soit le résultat». (archives)
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«Je ne vais pas jouer les Boris Johnson», assure le président de la Confédération, interrogé dans le Matin Dimanche. Et de préciser que la situation helvétique n'est pas comparable avec le Brexit: la Suisse ne veut pas «sortir d'un accord, mais trouver une solution pour le développer».

Son parti, l'UDC, ne veut pas d'un accord-cadre, mais Guy Parmelin l'assure, il représentera l'opinion du Conseil fédéral «quel que soit le résultat». Ce dernier réfléchit «depuis longtemps» à des alternatives au cas où l'accord échouerait, précise le ministre de l'économie.

Le PLR et les faîtières de l'économie montent eux au front pour défendre le traité. Le groupe PLR aux Chambres lui a réaffirmé son soutien, pour autant que des clarifications soient apportées aux points en suspens.

Plan d'action en cas de rejet

Si le Conseil fédéral devait rejeter le résultat des négociations, il devrait «rechercher immédiatement les moyens de préserver et développer la voie bilatérale», dit-il. Le groupe PLR a esquissé à cette fin un plan d'action sur trois piliers.

Le premier concerne la poursuite du développement de la voie bilatérale, ce qui ne sera «ni rapide ni facile». Il comprend d'une part la «dynamisation limitée des accords bilatéraux», à condition que l'UE renonce à des mesures de rétorsion et débloque d'autres accords.

En contrepartie, la Suisse pourrait inclure des questions ouvertes, telles que les contributions à la cohésion, dans le paquet de négociations, imagine le PLR. De plus, de nouveaux accords par exemple sur le marché de l'électricité ou la santé pourraient être combinés et inclus dans un paquet d'accords bilatéraux III.

Le second pilier du plan concerne la recherche de partenariats avec des pays extérieurs à l'Union. Le troisième liste des mesures nationales. Il s'agira pour de «mettre en oeuvre unilatéralement» toutes les mesures pour réduire les conséquences négatives d'un échec des négociations, par exemple des alternatives à la reconnaissance de l'équivalence des bourses de l'UE.

«Seule façon de préserver la prospérité»

Les faîtières economiesuisse et Union patronale suisse demandent également au Conseil fédéral de clarifier les points encore en suspens avec l'UE. Dans un communiqué diffusé samedi, elles soulignent l'importance de relations «ordonnées et sûres» avec le principal partenaire économique de la Suisse.

Plus d'un million de travailleurs en Suisse dépendent d'un accès sans entrave au marché unique. Les accords bilatéraux sont notamment essentiels pour l'industrie de la recherche et la capacité d'innovation du pays, ainsi qu'une place financière performante.

«C'est la seule façon de préserver la prospérité de la Suisse à moyen et long terme», résume Herbert Scheidt, président de l'Association suisse des banquiers, cité dans le communiqué.

«Sans accord-cadre, la Suisse perdra des emplois, car nos entreprises investiront de plus en plus à l'étranger à l'avenir» et celles du secteur des machines, des équipements électriques et des métaux délocaliseront des emplois, avertit le président de Swissmem, Martin Hirzel, dans la NZZ am Sonntag.

Selon lui, l'accord-cadre a une chance devant le peuple. «Quand il s'agit de l'Europe, nous, les Suisses avons toujours été très pragmatiques», relève-t-il. Sans cet accord, la Suisse serait exposée à l'arbitraire et aux piques de l'UE sans pouvoir se défendre juridiquement, souligne M. Hirzel. Et d'ajouter: «ce n'est pas ce que j'appelle la souveraineté».

Droit de regard des cantons

Selon la NZZ am Sonntag, les cantons ont mis en garde contre une rupture précipitée des discussions, invoquant leur droit de regard constitutionnel sur cet important dossier.

«Nous avons le droit d'être informés par le Conseil fédéral avant qu'il ne prenne des décisions définitives», relève Christian Rathgeb, membre du gouvernement grison et président de la Conférence des gouvernements cantonaux, cité dans le journal.

Rompre les négociations

Tout autre son de cloche du côté de l'UDC. Le parti conservateur exige que le Conseil fédéral rompe les négociations sur l'accord-cadre et prenne «la décision contraignante de ne pas en ouvrir de nouvelles».

Une révision de l'accord de libre-échange de 1972 n'entre pas non plus en ligne de compte. Pour la droite dure,"il est en effet parfaitement possible qu'Ignazio Cassis et ses diplomates europhiles recommencent leurs trucages et renégocient cet accord au détriment de la Suisse pour en faire un semblant d'accord-cadre institutionnel.»

Pas non plus de «nouveaux cadeaux de plusieurs milliards de francs à l'UE». Pour l'UDC, la Suisse n'a pas à payer un droit d'accès à un marché.

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