Un vol suisse doit ramener des personnes en Europe

cc, ats

20.8.2021 - 17:45

La Suisse enverra samedi un avion dans la capitale ouzbek Tachkent. Son but sera principalement de rapatrier des personnes fuyant l'Afghanistan.

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20.8.2021 - 17:45

Un avion de Swiss ramènera en Europe des ressortissants suisses ainsi que d’autres personnes de différentes nationalités.
ATS

L'évacuation de personnes de Kaboul est actuellement difficile. Les vols directs sont rares, voire impossibles. Une étape est nécessaire. Berne veut participer à l'effort d'évacuation. C'est pourquoi elle a décidé d'envoyer un charter à Taschkent, la capitale ouzbek et l'une des étapes du pont aérien.

L'idéal serait de pousser jusqu'à Kaboul. Mais il n'est pas sûr que l'appareil puisse se rendre sur place, a indiqué Hans-Peter Lenz, chef du centre de gestion des crises du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), devant les médias à Berne.

Camper devant l'aéroport

Les Etats-Unis contrôlent toujours l'aéroport et les avions civils ne sont pas autorisés à atterrir, a-t-il précisé. Même si le charter suisse parvenait à se poser, il n'est pas sûr qu'il pourrait rapatrier des ressortissants helvétiques ou des collaborateurs afghans de la Confédération et leurs familles, priorité absolue pour la Suisse.

«L'accès à l'aéroport reste difficile, voire très difficile», a ajouté le chef du centre de gestion des crises. Les soldats américains contrôlent les portes et les ouvrent de manière aléatoire pendant une courte période. «Qui ne reste pas 24 heures sur 24 devant l'aéroport n'a aucune chance d'entrer. Une fois à l'intérieur, ils ont en revanche leur ticket d'évacuation.»

La Suisse fait tout son possible pour faire entrer les personnes qu'elles souhaitent évacuer. «Nos soldats sur place sont proches des portes et discutent avec les décideurs. Mais il est peu probable que nos collaborateurs locaux obtiennent la priorité», a reconnu Hans-Peter Lenz.

Le chemin vers l'aéroport est également semé d'embûches. «Les talibans ont commencé à arrêter ou tuer les collaborateurs occidentaux, et un couvre-feu a été introduit.»

Libérer de la place

Faute de pouvoir se rendre à Kaboul, l'avion suisse se contentera de rapatrier des personnes attendant à Taschkent. Il ne s'agira pas forcément de Suisses non plus. L'idée est de libérer de la place pour permettre à d'autres personnes d'arriver de Kaboul, a précisé Hans-Peter Lenz.

Actuellement, quatorze Suisses et huit personnes disposant d'une autorisation de séjour ont pu quitter l'Afghanistan. Vingt-quatre ressortissants helvétiques sont toujours sur place, a chiffré le chef du centre de gestion des crises, qui a précisé que les Suisses sont toujours plus nombreux à s'annoncer.

Aucun collaborateur de Berne ou membre de leur famille n'a en revanche pu s'en aller. Un seul se trouve à l'aéroport de Kaboul.

Situation volatile

La Suisse est consciente que les attentes sont très hautes face à la situation en Afghanistan, a déclaré Johannes Matyassy, secrétaire d'Etat adjoint au DFAE. Mais la réalité ne permet pas de faire tout ce que l'on veut.

«La situation sur place reste volatile et les développements sont difficiles à prévoir.» Il est impossible d'évacuer des milliers de personnes, a-t-il pointé en réponse aux pressions de la gauche. Le camp rose-vert a déposé vendredi à la Chancellerie un appel, muni de plus de 41'000 signatures, réclamant l'accueil de 10'000 personnes vulnérables supplémentaires fuyant l'Afghanistan.

Matériel humanitaire

Outre la participation au pont aérien, l'avion suisse permettra d'apporter du matériel humanitaire pour lutter contre la pandémie de Covid-19 en Ouzbékistan. Environ 1,3 million de masques ont été embarqués. Six collaborateurs seront aussi à bord. Ils renforceront l'équipe suisse qui oeuvre à Kaboul.

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