Après l'émission «Mise au Point» une plainte pénale déposée pour braconnage au lynx

ATS / pab

25.8.2020

Le lynx

KEYSTONE/EPA/JULIAN STRATENSCHULTE

Une plainte pénale contre inconnu a été déposée en Valais pour un braconnage présumé de lynx. Elle a été transmise au Ministère public par le Service de la chasse, de la pêche et de la faune (SCPF).

Cette dénonciation intervient à la suite du témoignage anonyme d'un collaborateur présumé du SCPF affirmant avoir abattu un lynx, dimanche soir dans l'émission «Mise au point» de la RTS, relève lundi le SCPF.

Le SCPF dit condamner «fermement» tout acte de braconnage. Il ajoute qu'il prendra, le cas échéant, «les mesures qui s'imposent envers ce collaborateur présumé».

Celui-ci a notamment raconté dans «Mise au point» qu'il avait déjà «tiré» un lynx. «Quand j'ai commencé mon travail au sein du Service de la chasse, la politique interne était: un bon lynx est un lynx mort. Maintenant, le service se méfie et le message a un peu changé. Si vous tirez un lynx, il faut vous assurer d'être seul. Si vous êtes attrapé par un bio et un écolo, le service ne va pas vous défendre», a-t-il notamment affirmé.

«J'étais formaté, je le regrette»

Il explique avoir déjà tiré un lynx, alors qu’aucune autorisation officielle n’a été demandée par le canton ces 10 dernières années. «J’étais formaté, je le regrette. Il faut que cela change. Pour l’image de mon service, de mon canton. Il faut pouvoir continuer à tirer les lynx, mais pas comme cela. Il faut que cela soit géré proprement», fait-il valoir.

Ces propos sont d'autant plus problématiques que le lynx est une espèce protégée. Selon les chiffres du KORA, le centre suisse pour l’écologie des carnivores et la gestion de la faune sauvage, le nombre de lynx serait de 250 individus adultes en Suisse. Un chiffre en légère progression dans le Jura, mais qui reste faible en Valais, selon une recente étude de l'Université de Berne.

Des collaborateurs toujours en fonction ou en poste ces dernières années au sein du Service de la chasse parlent de «laisser faire» et de «politique de l’autruche» face au braconnage. Selon la RTS, tous ont souhaité garder l’anonymat, la question étant très émotionnelle dans certaines régions.

Jacques Melly réagit

Quant au conseiller d'Etat valaisan Jacques Melly, il a réagi dans le 19h30 lundi, disant intervenir dès qu'il y avait un soupçon de braconnage et affirmant être opposé à cette pratique.

Notamment en charge de la chasse, Jacques Melly s'est dit choqué par les révélations de «Mise au Point»: «On apprend par la presse, avec cinq ans de retard, qu'il y a eu découverte de dix-sept pièges en 2015, voire même en 2012, d'après certains médias suisses alémaniques. C'est désolant. Si nous avions été nantis plus tôt de cette information, on aurait pu réagir plus tôt et appliquer les normes qui sont celles de notre Etat de droit, chez nous», a-t-il expliqué.

Depuis ses douze ans au Conseil d'Etat, le démocrate-chrétien affirme n'avoir jamais été mis au courant de ces pratiques: «Nous aurions réagi tout de suite», a-t-il assuré.

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