Arrivée à Genève de la marche «Traces de climat» après 42 jours

za, ats

12.7.2021 - 20:24

Les participants à la marche «Traces de climat» sont arrivés à Genève lundi en fin d'après-midi. Partis d'Ilanz (GR) le 1er juin, ils ont cheminé à travers la Suisse dans le but d'observer, sur le terrain, les dégâts causés par le changement climatique.

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12.7.2021 - 20:24

Des sympathisants et des grevistes du climat manifestent lors d'une mobilisation de la Greve pour l'Avenir pendant la crise du Coronavirus (Covid-19), ce vendredi 15 mai 2020 a geneve. Cette date est une occasion importante de manifester notre refus de faire perdurer un systeme capitaliste et mondialise, base sur la destruction de l'etre humain et des ecosystemes dont il depend. (KEYSTONE/Martial Trezzini)
Près de 700 kilomètres ont été parcourus à pied en 42 jours. Les marcheurs souhaitaient observer les dégâts causés par le changement climatique. (image d'illustration)
KEYSTONE

Près de 700 kilomètres ont été parcourus à pied en 42 jours. Environ 700 personnes ont échangé dans le cadre de cette marche, a indiqué Sylvain Badan, géographe et membre du noyau dur du groupe. Une quarantaine de marcheurs ont participé à cette dernière étape d'une quinzaine de kilomètres entre Hermance (GE), où certains d'entre eux avaient dormi, et le Conservatoire et jardin botaniques.

«On peut tirer un premier constat: l'urgence est absolue. Mais conjuguer la pensée à l'acte n'est pas facile», a souligné M. Badan. «Traces du climat» a favorisé les rencontres et les échanges, et il en ressort que les idées ne manquent pas, que ce soit dans le bâtiment, le transport ou encore l'agriculture. «Les citoyens ont leur part de responsabilité dans leurs choix», a-t-il relevé.

Accélération du réchauffement

Lundi, les marcheurs ont été accueillis par Alfonso Gomez, conseiller administratif de la Ville de Genève en charge de l'environnement. «Vous avez fait ce que nous devrions tous faire: sensibiliser la population», a déclaré le magistrat écologiste. S'il y a urgence à agir, cela ne peut se faire sans l'adhésion de la population, estime-t-il.

L'urgence était aussi au centre des interventions d'Omar Baddour, chef de la Division des services de surveillance du climat et des stratégies politiques de l'Organisation météorologique mondiale, et de Stéphane Goyette, enseignant à l'Institut des sciences de l'environnement de l'Université de Genève. Tous deux ont rappelé que le réchauffement climatique est un fait et qu'il s'accélère.

«Pour gagner la bataille mondiale, il faut agir au niveau local, prendre des actions individuelles, sans attendre trop du politique. A titre personnel, je suis pessimiste. Les faits contredisent les discours sur les réductions d'émissions de CO2», a indiqué M. Baddour. M. Goyette a aussi fait part de son inquiétude: «Je ne crois plus aux objectifs de l'Accord de Paris.»

«Dénoncer le capitalisme»

Au terme de ces discours, deux jeunes marcheuses ont pris la parole. L'une d'entre elles a critiqué le fait que, d'une part, seuls des hommes ont été invités à faire des discours à Genève et, de l'autre, qu'ils ont dit des choses déjà connues. Une des membres du noyau dur du groupe constitué de cinq personnes a alors assuré que l'équilibre entre hommes et femmes avait été respecté tout au long du périple.

Quant à la seconde femme, elle a relevé qu'aucun des intervenants n'a dénoncé le capitalisme. «Les jeunes activistes osent des solutions plus créatives. Il faut être plus politique. On aurait souhaité une dénonciation de l'exploitation de l'environnement, mais aussi des femmes et des migrants!» a-t-elle déclaré, suscitant une salve d'applaudissements.