Bras de fer ONG vertes et milieu agricole

ATS

2.8.2020 - 08:05

Agriculture et environnement ne font pas toujours bon ménage.
Source: KEYSTONE/EPA/GUILLAUME HORCAJUELO

Les organisations environnementales WWF Suisse, Pro Natura, Greenpeace et BirdLife lancent dimanche une campagne, intitulée «Stop à l'agrobusiness». Les Suisses devront bientôt se prononcer sur trois initiatives liées à l'agriculture et l'environnement.

Surfertilisation, utilisation de pesticides, diminution de la biodiversité: l'agriculture intensive «épuise» les sols et les eaux en Suisse. «Ce n'est pas durable», estiment quatre ONG vertes dans un communiqué dimanche.

Le Parlement débattra à ce sujet ces prochains mois. «Il a désormais la possibilité de placer les préoccupations environnementales au premier plan de ses délibérations sur la future politique agricole (PA 22+)» , déclare Eva Wyss, cheffe de projet Agriculture au WWF Suisse.

Objectifs environnementaux pas atteints

D'autant plus qu'aucun des treize objectifs environnementaux pour l'agriculture (OEA), définis en 2008, n'ont été atteints. Dans le cas de l’impact environnemental des apports d’ammoniac, des gaz à effet de serre, des produits phytosanitaires et des engrais, pratiquement aucun progrès n’a été réalisé ces 20 dernières années, évaluent les quatre ONG.

Dans presque tous les groupes d’espèces, la perte de biodiversité sur les terres agricoles se poursuit. La diminution constante de la densité des plantes à fleurs menace ainsi de nombreuses espèces d’insectes, qui risquent de mourir de faim, toujours selon elles.

Qui relève toutefois que depuis 2008, on enregistre de faibles progrès dans l’ampleur des surfaces de promotion de la biodiversité et de l’espace réservé aux cours d’eau.

Fausse route

«Les incitations font aujourd'hui totalement fausse route», déclare ainsi Marcel Liner, chef de projet Politique agricole chez Pro Natura. Selon lui, «il est inacceptable que les paiements directs maintiennent en vie une agriculture qui ne répond pas aux objectifs environnementaux fixés, qui met en danger notre santé et la biodiversité.»

Et Alexandra Gavilano, cheffe de projet Agriculture et Climat chez Greenpeace d'ajouter: «Comme la Suisse ne peut pas nourrir les nombreux animaux avec ses propres ressources, elle est dépendante de ses importations de fourrage. L'agriculture non adaptée au lieu – cela inclut les élevages intensifs et les monocultures pour la production d'aliments à ces animaux – détruit d'importants écosystèmes dans le pays et à l'étranger.»

Forts enjeux

Le sujet est délicat d'autant plus que les Suisses devront se prononcer sur plusieurs initiatives liées à l'agriculture, dont la date de votation n'a pas encore été fixée: «Pour une eau potable propre et une alimentation saine – Pas de subventions pour l’utilisation de pesticides et l’utilisation d’antibiotiques à titre prophylactique», déposée en janvier 2018; «Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse», mai 2018; «Non à l’élevage intensif en Suisse (initiative sur l’élevage intensif)«, septembre 2019.

D'autres initiatives sont encore dans le pipeline, au stade de la récolte de signatures. La jeunesse s'est aussi faite entendre sur le climat avant la pandémie, en descendant dans la rue à plusieurs reprises sur les traces de la jeune Suédoise Greta Thunberg.

Sur le site Internet de la campagne se trouve un appel à signer en faveur de l'agriculture durable. Des agriculteurs et des représentants des milieux culturels, sportifs et politiques ont déjà adhéré.

www.stop-agrobusiness.ch

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