Santé Décès toutes les deux minutes d'une femme enceinte ou qui accouche

sn, ats

23.2.2023 - 00:31

Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus affirme que la prise en charge des femmes enceintes ou qui accouchent est un droit (archives).
Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus affirme que la prise en charge des femmes enceintes ou qui accouchent est un droit (archives).
ATS

Une femme enceinte ou qui accouche décède toutes les deux minutes dans le monde. Dans un rapport publié jeudi à Genève, l'OMS dénonce des reculs ces dernières années, le chiffre augmentant ou stagnant dans presque toutes les régions, notamment en Europe.

sn, ats

23.2.2023 - 00:31

La grossesse «est encore, de manière choquante, une expérience dangereuse pour des millions de femmes dans le monde qui manquent d'accès à des soins de haute qualité», estime le directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus. Et d'affirmer «le besoin urgent» de garantir une prise en charge «avant, pendant et après» un accouchement, un droit.

Selon les estimations, près de 290'000 décès maternels ont été observés en 2020, petite diminution seulement par rapport aux 309'000 de 2016 quand les Objectifs de développement durable (ODD) sont entrés en vigueur. Depuis, les gains précédents ont largement stagné ou ont même, dans certains cas, été perdus.

Parmi les régions, l'Europe fait face à la plus grande détérioration de la situation, avec 17% d'augmentation du taux de mortalité maternel. Le nord du continent américain suit avec 15%. L'Australie et la Nouvelle-Zélande, avec 35% de diminution de ce taux, et une partie de l'Asie, avec 16%, peuvent en revanche s'appuyer sur une diminution significative, comme une trentaine d'autres pays.

En 2020, environ 70% de tous les décès maternels ont eu lieu en Afrique subsaharienne. Dans neuf pays affectés par de graves crises humanitaires, les taux atteignaient plus du double de la moyenne mondiale d'environ 230 pour 100'000 accouchements.

Pandémie aussi en cause

Des saignements importants, une pression sanguine élevée, des infections liées à la grossesse, des complications après des avortements dans des conditions de sécurité inadaptées ou des pathologies comme le paludisme sont autant de facteurs de décès maternels. Ils peuvent être évités. Le manque de soins et de personnel, notamment environ 900'000 sages-femmes, et des problèmes d'approvisionnement en matériel médical empêchent les avancées.

Environ un tiers des femmes ont moins de la moitié de huit contrôles prénataux ou ne reçoivent pas les soins requis après l'accouchement. Des inégalités de revenus, d'éducation, raciales ou ethniques augmentent encore les difficultés.

Il faut accélérer les avancées pour pouvoir honorer l'objectif de moins de 70 décès pour 100'000 accouchements d'ici 2030, ajoute le rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Autre problème, la pandémie n'a probablement pas aidé. Les femmes enceintes ou qui prévoient de l'être doivent pouvoir être vaccinées contre le coronavirus.

sn, ats