Genève: 4000 places de parc supprimées

ATS

27.9.2020 - 15:26

Les Genevois veulent assouplir les règles relatives à la suppression des places de stationnement. Destinée à créer des voies de bus et pistes cyclables, la mesure est acceptée dimanche par 58,55% de «oui».
Source: KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

A Genève, l'assouplissement des règles en vue de la suppression de 4000 places de stationnement est largement soutenu. Destinée à créer des voies de bus et pistes cyclables, la mesure est acceptée dimanche par 58,55% de «oui».

Proposée par le Conseil d'Etat, la modification de la loi genevoise d'application de la législation fédérale sur la circulation routière a été adoptée par le Parlement mais attaquée par voie référendaire par le TCS et la Nouvelle organisation des entrepreneurs, qui réunit les petits commerçants. Cette révision assouplit l'obligation de remplacer toute place de parc supprimée dans les rues du cœur de l’agglomération.

Le sujet a fait l'objet de vifs débats par le passé à Genève, mais les mentalités évoluent. En 2016, la loi pour une mobilité cohérente et équilibrée était acceptée par 68% des votants. La réforme plébiscitée dimanche doit accélérer sa mise en oeuvre en favorisant la mobilité douce dans et les transports publics au centre-ville. Le taux de participation s'est élevé à 54,16%.

Réforme «pragmatique»

Le conseiller d'Etat Serge Dal Busco, en charge du Département des infrastructures, a défendu une réforme «pragmatique» qui doit permettre de fluidifier le trafic. Il y a un an, il a été suivi par un large front au Parlement, de la gauche au PLR. Dans l'intervalle et en raison des mesures sanitaires, le canton a créé de larges bandes cyclables sur la chaussée, fâchant les automobilistes.

Les décisions récentes du canton en matière de mobilité auraient pu se retourner contre la révision en votation dimanche. Initialement favorable aux nouvelles dispositions, la Fédération genevoise des métiers du bâtiment recommandait de voter «non» en raison de la dégradation de la mobilité à Genève pendant l'été.

Pour une mobilité concertée

Le comité unitaire en faveur de la réforme, qui réunit la gauche, le PDC, le PLR et des associations pour la mobilité douce et de quartier, salue «un premier pas pour une vision apaisée de la mobilité durable». L'UDC et le MCG, en revanche, déplorent une entorse au libre choix du mode de transport, garanti par la constitution genevoise.

Se qualifiant de «seul parti qui défend encore les automobilistes», l'UDC entend lancer une initiative cantonale pour réduire de moitié l'impôt sur les véhicules automobiles. De leur côté, les référendaires appellent à la mise en place d'une «stratégie de mobilité proportionnée et concertée.»

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