Manon Schick : "Il y a aujourd'hui plus d'enfants qui vont mal"

vey, ats

22.4.2021 - 17:03

vey, ats

22.4.2021 - 17:03

La crise du coronavirus a provoqué une explosion du nombre d'enfants ayant besoin d'une assistance dans le canton de Vaud. Cette forte augmentation s'est produite au cours du deuxième trimestre 2020 et se poursuit depuis le début de cette année. Le Valais et Neuchâtel enregistrent aussi une hausse.

Manon Schick, Geschaeftsleiterin Amnesty International, aeussert sich zur Asylpolitik am Dienstag, 13. November 2012, in Bern. (KEYSTONE/Peter Schneider)
Mme Schick, cheffe de la Direction générale de l’enfance et de la jeunesse (DGEJ), estime que la tendance devrait se poursuivre cette année, d'après les chiffres de début 2021.
KEYSTONE

«Nous sommes complètement débordés», a déclaré jeudi sur les ondes de la RTS la cheffe de la Direction générale de l’enfance et de la jeunesse (DGEJ) Manon Schick. «Il y a des listes d'attente pour des interventions à domicile: nous sommes passés de sept mineurs en attente à 77 aujourd'hui, soit dix fois plus en l'espace d'une année.»

Mme Schick estime que la tendance devrait se poursuivre cette année, d'après les chiffres de début 2021. «Il y a aujourd'hui plus d'enfants qui vont mal, plus de professionnels qui sont inquiets à leur sujet et donc plus de mandats qui sont demandés à la justice, soit pour des mesures de protection, soit pour des placements, soit pour de l'aide à domicile», a expliqué l'ancienne directrice d'Amnesty international.

En Valais aussi

En Valais, la situation n'est pas aussi explosive que dans le canton de Vaud, mais toutes les places en foyers sont occupées. Avec la deuxième vague et particulièrement ces deux derniers mois, le service valaisan de la jeunesse constate une légère augmentation du nombre de demandes de placement, «difficile à quantifier».

Actuellement, les 220 places en foyers disponibles dans le canton sont toutes occupées. La moitié d'entre elles en moyenne le sont par des non-Valaisans, pandémie ou non. Il n'y a plus de place non plus dans les 153 familles d'accueil que compte le canton, indique à Keystone-ATS Christian Nanchen, chef du service cantonal de la jeunesse.

«Nous sommes à flux tendu, mais nous espérons que la situation se détende d'ici à l'été», poursuit Christian Nanchen. A noter qu'hors pandémie, les cinq institutions du canton et les foyers qu'elles regroupent sont en général occupés à 90%, voire 95%.

Quant aux listes d'attente, il y en a continuellement. Elles ne sont d'ailleurs pas forcément représentatives car elles évoluent rapidement et des jeunes sont parfois inscrits sur plusieurs listes à la fois.

Le semi-confinement dû à la pandémie n'a pas créé à lui tout seul des situations qui auraient débouché sur des placements, mais il a participé à la dégradation de situations familiales déjà problématiques, souligne Christian Nanchen. Les raisons des placements n'ont pas évolué non plus avec la pandémie.

Hausse progressive à Neuchâtel

Dans le canton de Neuchâtel, il n'y a pas de hausse massive des demandes de placements en institutions en faveur d’enfants ou de jeunes mais «une augmentation des demandes d’enquêtes sociales», a déclaré Yanick Bussy, chef de l'Office de protection de l'enfant. Les situations se complexifient aussi et nécessitent d'intervenir «parfois extrêmement rapidement» avec des moyens conséquents.

Selon le chef d'office «il est difficile de mettre en lien direct ces demandes et la situation sanitaire que nous connaissons, ainsi que ses conséquences. Il n’en reste pas moins que la structure de protection des enfants et des jeunes, dans le canton de Neuchâtel, est effectivement sous pression, mais nous parvenons aujourd’hui encore à répondre aux demandes».

Les raisons de cette évolution sont encore difficiles à évaluer. «Nous pouvons esquisser des pistes de réflexion, en effet, la réduction sur un temps conséquent de l’accès aux activités, l'augmentation du travail à domicile pour les parents et la réduction généralisée des contacts sociaux sont autant de facteur qui conduisent (...) à augmenter la tension dans des situations familiales parfois complexes, a expliqué Yanick Bussy.