Hausse moyenne de 0,5% des primes maladie

ATS

22.9.2020 - 16:10

La prime moyenne de l'assurance obligatoire des soins augmentera de 0,5% en 2021. Selon le canton, l'évolution sera comprise entre -1,6% et 2,1%. Alain Berset a salué une hausse «très modérée».

C'est la troisième année de suite que la hausse est faible, a souligné le ministre de la santé devant la presse, se félicitant de «la tendance vers le bas» observée depuis des années. On est désormais bien en-dessous de la moyenne observée depuis l'entrée en vigueur de la Lamal (3,7%).

La prime moyenne s'élèvera à 316,50 francs. Les primes moyennes pour les adultes et les jeunes adultes connaîtront une augmentation de 0,4%, à respectivement 375,40 francs et 265,60 francs. La prime moyenne des enfants baissera légèrement de 0,1% et se montera à 99,70 francs.

Baisses dans neuf cantons

Les projections montrent que dans neuf cantons (AG, AI, AR, BS, NE, OW, SH, SZ, ZH), l'évolution de la prime moyenne sera inférieure ou égale à 0%, alors que dans dix autres (BE, FR, GE, GL, GR, SG, SO, UR, VD, ZG), elle se situera entre 0% et 1%. Dans les sept cantons restants (BL, JU, LU, NW, TG, TI, VS), la hausse sera supérieure à 1%. L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) a approuvé toutes les primes pour un an.

Les cantons du Tessin et du Jura connaîtront les plus fortes hausses, de respectivement 2,1% et 2%. Suivent le canton du Valais avec 1,6% d'augmentation moyenne et Lucerne, avec 1,4%.

Appenzell Rhodes-Intérieures et Zurich bénéficieront des plus fortes baisses, respectivement de -1,6% et -0,7%. Fribourg et Genève subiront une hausse de 0,6% et Vaud de 0,9%. Neuchâtel connaîtra une baisse de 0,2%.

Effets de la pandémie

Les primes de 2021 sont calculées pour couvrir les coûts estimés pour l'année 2021, rappelle l'OFSP, ajoutant qu'il n'est même pas encore possible de connaître l'impact de la pandémie de Covid-19 sur les coûts de l'année 2020.

«Nous ne savons vraiment pas grand-chose sur l'évolution» de la pandémie, a souligné le directeur de l'OFSP Pascal Strupler. Selon le Valaisan, d'éventuelles corrections pourraient se faire ultérieurement, probablement via les réserves des caisses.

Réformes nécessaires

Malgré les hausses modérées annoncées mardi, l'OFSP met en garde: «les coûts de la santé continuent toutefois d'augmenter» et cela ne changera pas à l'avenir en raison de l'évolution démographique et du progrès technique, souligne-t-il. Et d'ajouter que «des réformes s'avèrent nécessaires pour limiter la hausse à ce qui est médicalement justifiable».

Dans ce contexte, Alain Berset a rappelé que les mesures prises ces dernières années ont permis d'économiser 1,5 milliard de francs par an (soit environ 5% des dépenses de la santé): un milliard sur le prix des médicaments et environ 500 millions grâce à la révision des tarifs médicaux.

En outre, un paquet de neuf mesures est en cours d'examen par le Parlement et un autre a été mis en consultation. Toutes ces mesures permettraient d'économiser un milliard supplémentaire, a dit M. Berset, espérant que les Chambres suivent le Conseil fédéral dans ses efforts de maîtrise des coûts.

Réserves trop importantes

Le Conseil fédéral a par ailleurs mis en consultation vendredi une modification d'ordonnance visant à inciter les caisses à procéder à des réductions volontaires de leurs réserves.

L'OFSP rappelle par ailleurs qu'il a approuvé pour l'an prochain une compensation des primes encaissées en trop de 183 millions de francs et une réduction volontaire des réserves de 28 millions, ce qui fait un total de 211 millions qui retournera aux assurés.

Personne ne conteste l'existence de réserves. Mais actuellement elles se montent à onze milliards de francs, cela correspond à quatre mois de dépenses, c'est trop, a souligné le Fribourgeois. Il faut calculer au plus juste l'évolution des coûts.

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