Affaires non classées

La police suisse recherche encore ces criminels

dpa

19.10.2018

Aux États-Unis, les criminels en fuite les plus recherchés de la police fédérale du FBI figurent sur la liste «Most Wanted». Mais il y a également des fugitifs en Suisse. Bluewin vous dévoile quelles affaires donnent du fil à retordre à la police depuis plusieurs années.

Dans la nuit du 19 au 20 mars 2010, un apprenti jardinier zurichois de 17 ans a été assassiné devant un club branché du 5e arrondissement de Zurich. Cette affaire n'a pas encore été résolue. La victime a probablement été poignardée – aujourd'hui, plus de huit ans après les faits, l'auteur de ce crime est toujours activement recherché.

D'après la police, il conduisait «un vélo noir loin de passer inaperçu, un beach cruiser doté d'un cadre aux formes arrondies». Le suspect est de «type latino, s'exprime dans un très mauvais allemand, a les dents abîmées et les cheveux foncés». On ne le voit que sur une vidéo en noir et blanc un peu floue issue d'une caméra de surveillance. Il n'a pas encore été arrêté.

En Suisse, nombreuses sont les affaires comme celles-ci à tenir la population en haleine. Bon nombre de crimes irrésolus figurent sur les listes des personnes recherchées de la police cantonale. Il s'agit le plus souvent de braquages, plus rarement de meurtres. Les témoins sont appelés à se manifester et se voient parfois même offrir une récompense. Dans le cas du meurtre de l'adolescent de 17 ans, celle-ci s'élève à 10'000 francs.

Cette image, issue d'une caméra de surveillance, montre le meurtrier présumé de l'adolescent de 17 ans.
Cette image, issue d'une caméra de surveillance, montre le meurtrier présumé de l'adolescent de 17 ans.
Kapo ZH

Quadruple meurtre et assassinat d'un père de famille

La police de Berne promet même le double à toute personne en mesure de fournir des informations sur un crime spectaculaire survenu il y a 20 ans, une affaire qui n'a pas encore été complètement tirée au clair. Le soir du 27 juillet 1998, quatre personnes ont été abattues devant l'ancien tea-room «Safari». Quatre personnes auraient participé à ce crime particulièrement brutal – il a fallu attendre 2012 pour qu'un des suspects en fuite soit finalement arrêté en Turquie. Il a été condamné à la prison à perpétuité à Istanbul, mais refuse de s'exprimer sur les circonstances de ce quadruple meurtre. Quant à ses trois complices, ils courent toujours.

Toujours à Berne, cela fait 15 ans que la police recherche le meurtrier de l'Albanais du Kosovo Imri Djeledini, retrouvé assassiné dans l'Altisbergwald, à Kräiligen (Berne), en 2003. D'après la police, ce père de famille, âgé de 35 ans à l'époque, était le «copropriétaire d'une firme d'armement et était très connu dans le milieu des ferrailleurs». Malgré une enquête approfondie au sein du cercle de connaissances de la victime, un passage par l'émission «Aktenzeichen XY» et la promesse d'une récompense de 10'000 francs, la police n'a pas encore réussi à identifier l'auteur des faits.

Recherche de braqueurs

Si les caméras de surveillance permettent souvent d'appréhender les auteurs de braquages, les recherches peuvent également s'éterniser dans certains cas. Ainsi, cela fait quatre ans que la police zurichoise recherche un braqueur armé qui a tenté d'attaquer une station-service d'Adlikon, à Andelfingen, en août 2014. L'homme cagoulé n'a pas pris d'argent, n'a blessé personne et n'a pas encore pu être retrouvé, malgré la promesse d'une récompense de 5000 francs. Les shops de stations-service semblent particulièrement appréciés des malfrats: cela fait près d'un an qu'à Pratteln (Bâle-Campagne), la police recherche également un braqueur qui a pris la fuite pied avec un butin de plusieurs centaines de francs.

Cela fait déjà plus de trois ans que la police de Zurich recherche un braqueur qui a attaqué une agence bancaire du quartier zurichois de Wollishofen en mars 2015 et pris la fuite avec un butin de plusieurs centaines de francs. D'après l'enquête, le Zurichois âgé entre 23 et 35 ans parlait en dialecte, était en possession d'une arme de poing et a mis l'argent dérobé dans un sac en plastique jaune. Une récompense de 5000 euros est promise à toute personne en mesure de fournir des informations utiles sur cet inconnu.

Parfois, la police recherche également des criminels qui ont déjà été arrêtés: ainsi, cela fait trois ans que la police cantonale de Saint-Gall est à la recherche du détenu en fuite Pajtim Haziraj, qui se trouvait déjà en exécution anticipée de peine pour «vol par métier et en bande». En 2015, au bout de quelques mois de détention, il a réussi à s'échapper d'un bureau du ministère public au cours d'un interrogatoire. Il est parvenu à se défaire de ses liens aux chevilles et a pris la fuite à pied. Malgré l'organisation immédiate de recherches, la police n'a toujours pas retrouvé sa trace.

Cela fait trois ans que la police cantonale de Saint-Gall est à la recherche du détenu en fuite Pajtim Haziraj.
Cela fait trois ans que la police cantonale de Saint-Gall est à la recherche du détenu en fuite Pajtim Haziraj.
Kapo St. Gallen

Pas de classement, mais des récompenses élevées

Les avis de recherche publics portent également leurs fruits dans d'autres pays. Alors que les États-Unis ont établi un classement, l'Office fédéral de police criminelle (BKA) en Allemagne a mis en ligne une liste sans classement – elle est notamment en quête d'informations sur le meurtrier et fugitif Norman Franz, recherché depuis plus de 20 ans. Sont recherchés des criminels et des personnes disparues – mais également des témoins de meurtres et des personnes détenant des informations sur l'identité des victimes.

Les enquêteurs renvoient à des statistiques publiées par la ZDF à l'occasion des 50 ans de l'émission télévisée «Aktenzeichen XY... ungelöst». Il en ressort que l'émission serait associée à un taux d'élucidation de près de 40 pour cent. D'après le BKA, les avis de recherche publics peuvent aider la police de multiples façons: quand ils n'incitent pas des témoins à divulguer des informations importantes, ils peuvent amener un criminel à commettre une faute – ou la pression étant forte, à se rendre de lui-même. L'empathie suscitée par ces appels constituerait également un facteur clé de réussite. Ainsi, les enfants victimes d'abus sexuels, par exemple, génèrent chez la population un sentiment de compassion particulièrement fort.

«Cela suscite donc un important intérêt médiatique et entraîne une multiplication des avis de recherche», a rapporté le BKA. Depuis 2017, la police a eu recours aux avis de recherche publics dans des affaires d'abus à trois reprises. Dans chacune de ces affaires, la police a pu identifier un suspect dans les 24 heures. Parfois, des affaires remontant à plusieurs années peuvent encore être résolues avec l'aide de la population, comme a pu le constater le BKA.

Même si des membres présumés de l'ancienne Fraction armée rouge (RAF) ou des personnes ayant commis des crimes au nom du Parti national-socialiste souterrain figurent dans la liste des personnes recherchées, l'Office fédéral de police criminelle n'utilise pas de classement à la «Most Wanted» comme la police américaine du FBI. Cependant, les récompenses sont parfois très alléchantes: la somme de 80'000 euros est par exemple promise à toute personne en mesure de fournir des informations sur l'ancien trio de la RAF composé de Daniela Klette, Ernst-Volker Staub et Burkhard Garweg.

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