Les fronts Greta-Donald renforcés au WEF

24.1.2020 - 16:19, ATS

Le WEF aura montré cette année l'étendue des divisions entre les soutiens de l'activiste Gretra Thunberg et le président américain Donald Trump qui a fait le déplacement surtout pour une offensive commerciale.
Source: KEYSTONE

Le changement climatique est désormais ancré comme thématique brûlante du WEF à Davos. Mais seulement dans les discours et pas dans l'action, selon Greta Thunberg. En campagne électorale, Donald Trump aura même ignoré cette question et lancé une offensive commerciale.

Symbole de ces deux fronts, le gouvernement américain n'a pas hésité dans la station grisonne à recourir aux attaques personnelles contre la jeune activiste suédoise. Jeudi devant la presse, le secrétaire au trésor Steven Mnuchin a conseillé à Greta Thunberg de «d'abord faire des études d'économie» avant de dialoguer avec son pays.

Cinglante, la Suédoise a répondu immédiatement qu'il «n'y avait pas besoin de diplôme» pour se pencher sur le changement climatique. Avant de préciser que les attaques américaines n'ont pas d'«effet» sur elle. Malade en début de semaine, la jeune femme de 17 ans aura ensuite mis les dirigeants politiques face à leur inactivité sur le climat.

Avec plusieurs acolytes, elle a fait part de sa déception étant donné que leurs demandes de mettre un terme aux subventions d'énergies non renouvelables n'ont trouvé aucun soutien lors de la réunion de Davos, selon elle. Le climat n'aura pas été mentionné une seule fois par le président américain dans son discours, sauf pour s'associer à l'initiative du Forum économique mondial (WEF) pour planter des centaines de milliards d'arbres dans les dix prochaines années.

Autre indication de son manque d'intérêt, la délégation américaine s'est offusquée de la longueur de la discussion avec la Suisse sur cette thématique lors de la rencontre entre M. Trump et la présidente de la Confédération. Simonetta Sommaruga avait annoncé que cette question constituerait la priorité de son année présidentielle. Son appel à l'ouverture du WEF à oeuvrer pour le climat s'est accompagnée de cette insistance auprès des Etats-Unis.

Trump au message contradictoire

Dans ce message, elle a été suivie tout au long de la semaine par plusieurs dirigeants comme la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ou Angela Merkel qui ont subtilement déploré l'attitude américaine. Mais aussi selon la chancelière allemande, par des entreprises qui souhaitent aussi une neutralité carbone d'ici 2050.

De son côté, M. Trump aura multiplié les autocongratulations sur sa politique économique dans un discours à tonalité électoraliste. De quoi tenter de faire oublier les débats de son procès en destitution qui ont démarré aux Etats-Unis. «Superficiel», a dit à Keystone-ATS l'ancien secrétaire d'Etat américain John Kerry qui met en cause un homme «tellement éloigné des réalités du monde».

Capitalisant sur l'accord récent avec la Chine, M. Trump sera surtout venu avec la volonté de relancer une offensive sur le commerce, parfois avec des messages contradictoires. Menaçant les Européens de représailles en cas de taxe sur les multinationales américaines du numérique, il a aussi souhaité aboutir dans les prochaines semaines à un accord commercial avec l'UE. Et à plus long terme avec la Suisse.

Le président américain a aussi clairement annoncé qu'il voulait oeuvrer à une réforme de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) qu'il cible régulièrement. Mme Merkel l'a enjoint de revenir aussi sur son blocage du tribunal d'appel de l'institution pour la rendre opérationnelle.

Avancée sur l'OMC

Face à cette crise institutionnelle, la ministérielle informelle de l'OMC en marge du WEF aura abouti à un accord de la Suisse et 16 autres membres pour lancer rapidement des «mesures urgentes» qui permettront des jugements en appel de leurs plaintes tant qu'une solution plus durable n'est pas trouvée.

Autre participant important, le président autoproclamé du Venezuela Juan Guaido, opposant au régime de Nicolas Maduro, a fait de Davos une étape de sa tournée internationale. Il a voulu mobiliser, au-delà des dizaines de pays qui le soutiennent, l'ensemble de la communauté internationale.

De son côté, le WEF a lancé pour cette 50e édition plusieurs initiatives pour appliquer sa volonté d'un capitalisme collaboratif et durable. Nouveau label pour la responsabilité des entreprises, formation pour un milliard de personnes d'ici 2030, il a voulu montrer qu'il n'organise pas seulement des réunions. Mais qu'il est devenu un acteur qui veut oeuvrer dans les prochaines décennies pour la société, notamment sur les nouvelles technologies.

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