Nouvelles mesures: le casse-tête du Conseil fédéral

kigo, ats

2.12.2021 - 16:18

Le Conseil fédéral n'aura pas la tâche facile concernant les mesures à prendre pour lutter contre le Covid-19. La consultation montre que seule l'extension du port du masque est peu remise en question. Les autres sont majoritairement rejetées, comme les tests réguliers dans les écoles, le passeport dans le cercle privé ou le télétravail.

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2.12.2021 - 16:18

Le Conseil fédéral n'aura pas la tâche facile concernant les mesures à prendre pour lutter contre le Covid-19. (archives)
KEYSTONE

Pour éviter une combinaison explosive des variants Delta et Omicron, notamment en matière de surcharge hospitalière, le Conseil fédéral a envoyé mardi un paquet de mesures en consultation jusqu'à mercredi soir. Il s'agit notamment d'étendre l'utilisation du certificat et du masque, de rendre les tests obligatoires dans les écoles et de renforcer les mesures sur les lieux de travail.

De nombreux cantons rejettent l'idée de rendre obligatoire le passeport sanitaire pour les réunions privées dès onze personnes, selon un tour d'horizon effectué par la Conférence des directrices et directeurs cantonaux de la santé (CDS) et transmis jeudi à Keystone-ATS.

Il serait impossible de contrôler le respect de cette mesure lors de rencontres privées en famille et entre amis. Les cantons craignent aussi que cela n'accentue les divisions dans les familles à l'approche des fêtes de fin d'année.

Tests réguliers dans les écoles

La proposition de rendre obligatoire des tests dans les écoles ne convainc pas non plus. Plusieurs cantons considèrent que cette mesure n'apporte pas de bénéfice supplémentaire. Certains préconisent plutôt le dépistage en cas de flambées dans les établissements scolaires.

Les cantons de Suisse orientale rejettent même «catégoriquement» cette proposition, car elle entraînerait une surcharge en matière logistique et pour les laboratoires. Le canton d'Argovie juge «impossible à mettre en oeuvre» cette obligation. Seul Soleure est favorable à ces tests réguliers.

Pas d'obligation du télétravail

En ce qui concerne les mesures sur le lieu de travail, la plupart des cantons estiment que la variante 1 est la plus judicieuse, à savoir l'obligation générale de porter un masque à l'intérieur. Ils se montrent également favorables au maintien de la recommandation du télétravail. Ils rejettent toutefois son obligation, même seulement pour les non vaccinés et les non guéris.

L'Union syndicale suisse privilégie aussi le port du masque à l'intérieur pour les employés non vaccinés et non guéris, avec des exceptions pour des raisons de sécurité ou en raison de la nature de l'activité. De son côté, la Société suisse des employés de commerce soutient la réintroduction temporaire du télétravail.

Au contraire, l'Union suisse des arts et métiers rejette toutes nouvelles mesures au niveau professionnel. Celles existantes suffisent, tant qu'il n'y a pas de surcharge des hôpitaux. Un avis partagé par economiesuisse et l'Union patronale suisse.

En dehors du travail, l'extension du port du masque aux espaces intérieurs, aux manifestations ou aux lieux clos accessibles au public est de manière générale approuvée par les cantons. Glaris ne trouve lui pas cette mesure nécessaire, sauf pour les manifestations de grande ampleur.

Capacités d'accueil dans les restos

En outre, selon la CDS, la majorité des cantons est favorable à l'extension de l'utilisation du passeport et à la limitation de la validité des certificats émis après un test. La collecte des données lors d'activités culturelles et sportives pour lesquelles le port du masque n'est pas possible est aussi généralement acceptée.

La plupart des cantons sont encore d'accord avec l'obligation de consommer assis dans les établissements publics, y compris bars et discothèques. En la matière, les Grisons sont allés plus loin, en ne permettant l'accès aux boîtes de nuit qu'aux personnes vaccinées ou guéries.

Pour GastroSuisse, il ne doit pas y avoir d'autres mesures limitant les capacités dans l'hôtellerie-restauration. Sinon, l'existence de nombreux établissements serait à nouveau menacée.

Du côté des partis, quasi tous saluent les différentes mesures. Seule l'UDC se montre plus critique, pointant notamment le calendrier, alors que la loi Covid a été approuvée dans les urnes dimanche.

Dans le monde de la culture, on craint que les nouvelles mesures ne fragilisent encore plus un secteur déjà affecté. Les mesures doivent s'accompagner d'une poursuite des aides financières.

kigo, ats