Pully refuse de payer la facture sociale

ATS

1.10.2020 - 15:56

Le Ville de Pully critique l'accord conclu avec le canton, ici avec la conseillère d'Etat Christelle Luisier, au sujet de la nouvelle répartition de la facture sociale avec les communes (archives).
Source: KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

Les tensions persistent dans le canton de Vaud au sujet de la répartition de la facture sociale. La Ville de Pully a décidé de surseoir au paiement au canton du quatrième acompte 2020, soit un montant de près de 10 millions de francs.

Cette action «lourde de sens» a pour objectif de se faire entendre des autorités cantonales, annonce la commune de l'agglomération lausannoise. Cette résolution, soutenue par la municipalité pulliérane, a été adoptée mercredi soir par le Conseil communal.

Contactée par Keystone-ATS, la conseillère d'Etat Christelle Luisier rappelle que le paiement de la facture sociale constitue «une obligation légale» des communes et que, par conséquent, Pully ne peut pas y échapper.

La cheffe du Département des institutions et du territoire (DIT) rappelle surtout qu'une «large majorité» des communes vaudoises vient de valider une nouvelle répartition de la facture sociale. Selon cet accord, conclu entre le canton et la principale faîtière de l'Union des communes vaudoises (UCV), la part communale descendra au plus tard en 2028 à 36,7% de la facture sociale, contre environ 50% aujourd'hui.

Pas un caprice

Les autorités de Pully estiment toutefois que ce rééquilibrage est «trop tardif». Elles indiquent aussi que le montant annuel de 150 millions de francs que versera le canton aux communes est «insuffisant». La ville, dont les citoyens ont refusé dimanche une hausse d'impôts, se dit écrasée par la facture sociale, qui comprend notamment le revenu d'insertion, les subsides maladie, les bourses ou les aides à l'hébergement.

«Ce n'est pas le caprice d'une commune riche», affirme le syndic de Pully Gil Reichen. Reconnaissant le caractère «symbolique» de la mesure, il explique que sa ville souhaite «tirer la sonnette d'alarme» auprès du canton. «Nous sommes prêts à payer la facture sociale, mais il faut qu'elle revienne dans des proportions supportables», note l'élu PLR, dont la commune a affiché un déficit de 10 millions de francs l'an dernier.

«Voie du dialogue»

Avant Pully, d'autres communes comme Rolle et Crans-près-Céligny avaient fait pression en 2019 sur le canton en menaçant de ne pas payer la facture sociale. Ces localités, elles aussi qualifiées de «riches», sont défendues par l'autre faîtière de l'Association de communes vaudoises (AdCV). Celle-ci a rejeté l'accord conclu entre le canton et l'UCV et défend l'initiative populaire «SOS Communes», qui demande que le canton reprenne à sa charge l'entier de la facture sociale.

Mme Luisier explique qu'elle va continuer de prôner «la voie du dialogue» dans ce dossier, précisant que l'accord canton – UCV doit désormais passer devant le Grand Conseil. La conseillère d'Etat rappelle aussi que cet accord est nécessaire avant d'attaquer le prochain chantier, à savoir la nouvelle péréquation intercommunale.

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